Jean-Pierre Jouyet critique les agences de notation

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L'autorité des marchés financiers (AMF) relance la polémique sur les agences de notation dans son rapport annuel les concernant. Par ailleurs, Jean-Pierre Jouyet, son président a estimé vendredi dans une interview à Reuters qu'il faut plus d'intégration européenne et une nouvelle "architecture" de la gouvernance économique pour rassurer les investisseurs.

"Les agences n'ont jamais autant été sur la sellette" insiste le président de l'autorité des marchés financiers (AMF) dans un rapport sur les agences de notation publié par l'AMF. Jean-Pierre Jouyet y invite même les marchés financiers à se "désintoxiquer" des agences de notation.

Après avoir pointé du doigt "leur responsabilité dans la crise du subprime" l'AMF souligne "le rôle amplificateur de leur notation de la dette souveraine et le calendrier de leurs annonces qui prêtent à polémique".

Plus de gouvernance européenne

Dans un entretien qu'il a accordé à l'agence Reuters, le patron de l'AMF a également milité pour plus d'intégration européenne et une nouvelle "architecture" de la gouvernance économique afin de rassurer les investisseurs. Jean-Pierre Jouyet doute cependant que l'Allemagne accepte un jour un gouvernement économique de la zone euro au niveau des chefs d'Etat et de gouvernement.

La gouvernance économique de l'Union européenne est trop complexe, avec une multitude de niveaux - présidences de la Commission, du Conseil, de la Banque centrale européenne, de l'Eurogroupe, représentant pour la politique étrangère, etc. - et trop lente, a-t-il déclaré à Reuters. "Les marchés n'agissent pas contre les intérêts européens", estime l'ex-secrétaire d'Etat aux Affaires européennes. "Ils veulent de la politique et de la gouvernance. Quand ils sanctionnent, c'est parce qu'il n'y a pas assez de gouvernance européenne."

Pour Jean-Pierre Jouyet, les marchés ne peuvent que constater aujourd'hui une réticence des pays de l'UE, en particulier des plus importants, à effectuer le "saut dans l'intégration" qu'il juge pourtant nécessaire. Il déplore notamment que les débats sur le budget de l'UE, redescendu sous la barre des 1% du revenu national brut européen, ne porte aujourd'hui que sur une réduction supplémentaire.

La France s'est ralliée en juin à l'idée défendue par l'Allemagne d'un gouvernement économique à 27 et non à 16 (les pays membres de la zone euro), comme le souhaitait Paris. Berlin a concédé que les chefs d'Etat et de gouvernement de la zone euro pourraient se réunir si nécessaire, comme ils l'ont fait à plusieurs reprises face à la crise financière et à celle de la dette grecque, mais sans formaliser ce type de réunions. Les dirigeants français n'ont cependant pas perdu tout espoir de voir un jour l'idée d'un gouvernement économique de la zone euro s'imposer en douceur.

Pour Jean-Pierre Jouyet, le gouvernement économique de l'Union européenne doit "naturellement" se faire d'abord "dans la zone la plus intégrée qui est la zone euro".

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