Technicolor : le marché s'inquiète de l'augmentation de capital

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Technicolor va émettre de nouvelles actions dans les prochains jours pour rembourser 256 millions d'euros de créances et convertir des obligations. Le capital social de la société va être plus que doublé. Les investisseurs goûtent peu à la forte dilution.

Technicolor est à la peine sur le marché en cette fin d'année alors que 2010 a été dans son ensemble difficile pour le groupe. Le titre du groupe français de services pour les médias a chuté de 10% sur le mois de décembre et de plus de 47% depuis le début de l'année. Ce jeudi, l'action Technicolor s'affiche parmi les plus fortes baisses du SRD après avoir déjà décroché la veille (-1,55%).

En cause : le lancement d'une augmentation de capital de 213 millions d'euros au fort caractère dilutif. Après des informations de presse mercredi qui ont pesé sur le cours, Technicolor, ex-Thomson, a fait le point mercredi soir après la clôture du marché sur cette opération.

Le groupe va émettre 50 millions d'actions à 4,255 euros par titre afin de rembourser sa dette arrivant à échéance en fin de semaine. La société, qui vient de traverser 18 mois de restructuration marquée par une réorganisation de ses activités et une première augmentation de capital, doit repayer ce vendredi 265 millions d'euros de dette de type "disposal proceeds notes" (DPN), normalement remboursés par des cessions d'actifs.

Le produit des cessions est insuffisant

Technicolor a cédé en septembre sa participation dans Screenvision US pour 45 millions d'euros, mais doit aujourd'hui émettre 50 millions d'actions nouvelles à 4,255 euros par titre pour financer le solde du remboursement obligataire arrivant à échéance.

"On a dit très clairement dès le départ qu'il y avait une très forte incertitude, que ce soit du point de vue du montant ou du calendrier (de ces cessions), et que la société aurait à utiliser les autorisations de l'assemblée générale au-delà du montant des cessions", a déclaré son directeur financier, Stéphane Rougeot, lors d'une conférence téléphonique. La cession des différentes divisions de la filiale Grass Valley, l'un des principaux actifs mis en vente par Technicolor , s'avère notamment plus longue que prévu.

Capital social plus que doublé

Ce vendredi marque également l'arrivée à échéance d'une tranche d'obligation remboursable en actions (ORA) de 319 millions d'euros, qui se traduira par la création de 45,2 millions de nouveaux titres, a ajouté Technicolor .

Au total, le fournisseur d'équipements et de services pour le cinéma, la télévision et la publicité, va donc émettre 95,2 millions d'actions nouvelles, portant le nombre total de titres de la société à 174,9 millions d'actions au 31 décembre 2010, a précisé son directeur financier. Or, la capitalisation boursière de la société est actuellement d'un peu plus de 300 millions d'euros pour un nombre de titres de 79,65 millions. Ce qui veut dire que le capital social de la société va être plus que doublé.

La trésorerie disponible du groupe à ce jour n'est pas connue, mais elle s'élevait à 416 millions d'euros fin juin et au 30 septembre 2010 était proche de ce niveau, précise la société. Elle rappelle que sa dette nette dans les états financiers au 30 juin 2010 était de 1 276 millions d'euros, incluant les DPN qui seront remboursées le 31 décembre 2010.

Technicolor a par ailleurs maille à partir avec certains créanciers, des fonds spéculatifs qui veulent se pourvoir en cassation contre le plan de sauvetage de la société, validé par la cour d'appel de Versailles, selon La Tribune du 27 décembre.  Après avoir frôlé à plusieurs reprises la faillite, Technicolor avait proposé fin 2009 à ces créanciers un plan de restructuration de sa dette, prévoyant de transformer une partie de celle-ci en capital et en obligations, afin de la réduire à 1,55 milliard.

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