Automobile : une révision à 70 milliards d'euros

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Depuis la fin 2010, la bulle qui s'est constituée sur le secteur depuis deux ans est en train de se dégonfler. La capitalisation des six premiers constructeurs européens généralistes s'est dégonflée de 70 milliards d'euros en dix mois.

"Attention chaussée déformée". C'est un peu l'avertissement qui caractérise actuellement le secteur automobile. Après une séance de jeudi particulièrement difficile, le secteur est une nouvelle fois maltraité, vendredi, en Bourse.

Pas de répis donc pour ces valeurs qui s'affichent encore ce matin parmi les plus fortes baisses du CAC 40. A l'image de Renault (-2,83 %), Michelin (-2,48 %) ou encore PSA (-1,8 %). Mais le phénomène n'aurait pas d'intérêt s'il ne participait à une tendance plus générale à moyen terme. La désaffection des investisseurs pour les constructeurs ou équipementiers automobiles ne date effectivement pas d'hier.

Preuve en est que, loin des idées reçues, c'est bien l'automobile qui a le plus souffert durant la dégringolade estivales des marchés financiers et non le compartiment bancaire - pourtant bien massacré - comme on pourrait se le figurer. Sur le trimestre écoulé, c'est bien l'automobile qui enregistre la plus mauvaise performance de l'indice Stoxx 600 avec une baisse d'un peu plus de 33 %.

La raison de cette disgrâce tient  avant tout au fait que la chute des marchés cet été a été motivée certes par les problèmes inhérents aux dettes des pays développés mais également par les craintes qui pèsent désormais sur la croissance de l'Europe et surtout des Etats-Unis. Dans ces conditions, ce sont surtout les valeurs cycliques qui ont été vendues à tour de bras par les investisseurs. Au premier rangs desquelles celles de l'automobile.

Cyclique par excellence, le secteur automobile avait, par ailleurs, été depuis ses plus bas de mars 2009 joué à l'excès par les investisseurs. Le compartiment au sein du Stoxx 600 qui n'avait perdu "que" 60 % entre le début 2008 et mars 2009 s'est repris depuis cette date de 162 % !

Une véritable bulle s'est constituée pendant deux ans sur ces valeurs, massacrées en Bourse au lendemain du déclenchement de la crise financière et encensées par la suite pour être les premiers bénéficiaires des milliards mis dans les plans de relance gouvernementaux partout en Europe et aux Etats-Unis.

Le résultats est là : les six plus gros constructeurs généralistes européens (Daimler, BMW, Volkswagen, Renault, PSA et Fiat) qui capitalisaient 192 milliards d'euros à la fin de l'année 2010 ne pèsent plus que 120  milliards d'euros dix mois plus tard. C'est en tout 56 % de leur valorisation boursière qui est partie en fumée ...

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