Jobs ou l'incroyable magnétisme boursier d'Apple

L'action introduite en décembre 1980 vaut désormais 413 dollars. Elle a été multipliée par 118 depuis le retour de l'emblématique patron aux commandes en 1997. Le firme qui pèse désormais 350 milliards de dollars et s'est récemment hissée au rang de première capitalisation mondiale, ne se paie pourtant pas si chère en Bourse.

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Même si les marchés s'y étaient préparés, ils sont bel et bien en deuil d'un symbole aujourd'hui. Le décès de Steve Jobs marque en soi la disparition de la première icône boursière de l'histoire de la finance. L'incarnation par excellence du groupe dont une grande partie de la valeur reposait jusqu'à peu sur ce qu'il a de plus immatériel. Le seul empire industriel dont le cours de Bourse a été pendant longtemps corrélé aux bilans de santé de son patron.

Il faut dire que depuis son retour aux commandes en 1997, le patron d' Apple a eu un effet quasi magnétique sur le cours de l'action de son groupe. Les superlatifs manquent. De son retour cette année-là au plus haut historique atteint le 20 septembre dernier, le cours de l'action s'est apprécié de plus de 11.700 % ! Un chiffre qui, dans l'absolu, ne veut rien dire, si ce n'est que les porteurs de titre Apple ont depuis quitté la terre pour graviter dans la stratosphère boursière puisque leur mise de départ a été multipliée par 118 !

Cela va sans compter sans les « splits » de juin 2000 et de février 2005 à l'occasion desquels la valeur nominale de l'action a été à chaque fois divisée par deux. En tout, dans l'histoire de la firme à la pomme déjà croquée, la valeur nominale de l'action - introduite le 12 décembre 1980 au prix de 44 dollars - sera divisée par deux à trois reprises.

Bien entendu, les heureux détenteurs d'actions Apple ont également eu des sueurs froides. Comme ce jour du 28 septembre 2000 lorsque l'action qui ouvre à 26,75 % va perdre près de 52 % dans la même séance. La date ne correspond pourtant pas à un tsunami boursier ou un cataclysme économique ... Loin de là ! Ce jour là, l'action chute comme une pierre suite à un simple profit warning sur les bénéfices attendus au quatrième trimestre. C'est dire la nervosité des investisseurs à l'époque. Et ce n'était que le début de l'éclatement de la bulle internet ...

Malgré cet extraordinaire parcours boursier et contrairement aux idées reçues, la valeur n'est pas si chère aujourd'hui en Bourse. Seulement 13,6 fois les bénéfices attendus sur 2011 alors que Apple affiche une croissance de... 80 % de son chiffre d'affaires, n'a pas de dette et détient 76 milliards de dollars de trésorerie. Autant dire que même sans son emblématique patron, la firme garde un sérieux potentiel de croissance.

Même si, ce matin à Francfort, le titre perd plus de 2 % et qu'il y a fort à parier que l'action subisse le même sort cette après-midi à Wall Street, il n'en reste pas moins vrai que le marché s'est, depuis longtemps, fait à l'idée d'un Apple sans Jobs. Preuve en est que la firme, qui pèse désormais 350 milliards de dollars, est parvenue à se hisser, l'espace d'un temps, au rang de première capitalisation boursière mondiale, cet été.

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