L'euro suspendu au dossier grec

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L'euro reste proche de l'équilibre, en baisse symbolique de 0,05% face au dollar, à 1,2965 dollars alors que, pour la troisième fois en l'espace de deux semaines, les ministres des Finances de la zone euro, la BCE et le Fonds monétaire international (FMI) se réunissent ce lundi à Bruxelles, afin de trouver un accord sur les prochaines mesures à prendre vis-à-vis de la Grèce pour ramener sa dette à un niveau soutenable.

La zone euro se dirige à petits pas vers un accord ouvrant la voie au déblocage de l'aide destinée à la Grèce, et doivent également déterminer comment réduire l'énorme dette grecque, qui menace d'atteindre 190% du PIB en 2014, et combler un trou de 32 milliards d'euros résultant des dérapages des deux premiers plans d'aide et du délai de deux ans accordé à la Grèce pour mener à bien son ajustement budgétaire.

"Il faut que chacun, FMI, BCE, états de la zone euro, fasse un effort"

 Or la divergence est apparue au grand jour entre le FMI et le chef de l'Eurogroupe, Jean-Claude Juncker, qui se dit prêt à repousser l'échéance à laquelle la Grèce doit ramener sa dette à 120% du PIB. Mais le FMI refuse catégoriquement de repousser cette échéance de 2020 à 2022.
Sans accord sur ces deux points particulièrement complexes, l'aide à la Grèce risque de ne pas être versée. "Il faut que chacun, FMI, BCE, états de la zone euro, fasse un effort pour boucler l'accord. Il faut que ce soit donnant-donnant", a estimé la semaine dernière un haut responsable gouvernemental européen.

Pour résoudre la crise de la dette grecque, les Européens s'orientent désormais vers une réduction substantielle des taux d'intérêt et un rachat de dette par la Grèce. En revanche, "une décote" - effacement d'une partie de la dette - ne fait pas partie du plan envisagé par l'UE, a indiqué un des membres du directoire de la BCE, Jörg Asmussen, au quotidien allemand. Or, le temps presse, car Athènes est toujours menacé de faillite.

Le temps presse

Il n'est toujours pas question d'un effacement partiel des prêts officiels à la Grèce lors de la réunion des ministres des Finances de la zone euro lundi à Bruxelles, a déclaré Steffen Seibert, porte-parole du gouvernement allemand. Ce dernier a ajouté que d'autres Etats de la zone euro étaient eux aussi opposés à l'idée de subir des pertes sur leurs prêts à la Grèce afin de rendre l'endettement du pays plus gérable à long terme, citant notamment l'exemple de l'Autriche. L'Allemagne et d'autres pays ne peuvent pas subir de perte sur les prêts officiels à la Grèce pour des motifs juridiques nationaux et européens, a-t-il ajouté.

Le Fonds monétaire international (FMI) plaide pour que les pays de la zone euro renoncent au remboursement d'une partie de leurs prêts à la Grèce, afin de ramener le taux d'endettement du pays à 120% du produit intérieur brut (PIB) en 2020. Les dirigeants politiques en Allemagne et ailleurs dans la zone euro n'ont cessé d'exprimer leur opposition à une telle mesure. Dans ce contexte, l'euro perd 0,43%, face au yen, à 106,48 yens et cède 0,2% face au sterling (à 0,8088)

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a écrit le 27/11/2012 à 12:11 :
Faut-il sortir de l'Euro de Jacques Sapir, éditions du Seuil.

De la Grèce à l'Italie, en passant par l'Irlande, le Portugal et l'Espagne, la zone Euro est en feu. La Monnaie Unique censée nous protéger se révèle un piège dangereux. Tout cela avait été prévu car les défauts structurels de la Zone Euro étaient notoires et bien connus des économistes.
L'Histoire dira la responsabilité de nos gouvernements qui, par idéologie, par conformisme et parfois aussi par lâcheté, ont laissé la situation se dégrader jusqu'à l'irréparable. Elle dira aussi l'immense culpabilité de ceux qui ont cherché à imposer une Europe Fédérale en contrebande, par le biais de la Monnaie Unique, à des peuples qui n'en voulaient pas.
Aujourd'hui, c'est aussi une certaine conception de l'Europe qui agonise. La crise actuelle solde à la fois les erreurs d'une financiarisation à outrance et la faute politique que furent le Traité de Lisbonne et le Déni de Démocratie qui suivit le référendum sur le projet de Traité Constitutionnel en 2005.
Faut-il dans ces conditions, sortir de l'Euro ? Ce livre tente de répondre à cette question. Il se propose d'examiner la crise actuelle, de mettre en évidence tant ses origines que la conjonction de politiques particulières qui l'ont rendu inévitable. Il entend montrer au lecteur comment nous en sommes arrivés là, à partir des espoirs - pour certains réels et pour d'autres imaginaires - qui avaient été mis dans l'Euro à l'origine. Il se propose enfin de montrer les solutions possibles qui s'offrent à nous, et d'évaluer objectivement si nous avons un intérêt à rester dans l'euro.

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