Tout se joue maintenant pour la future Bourse des PME. Et la balle est dans le camp de Nyse Euronext

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Le Comité d'orientation stratégique vient de remettre son rapport final à Nyse Euronext. Une décision officielle est indispensable avant le mois de décembre pour permettre la création effective avant l'été 2013. La balle est dans le camp de l'opérateur boursier.

Le Comité d'orientation stratégique (COS) chargé d'élaborer les paramètres d'une Bourse dédiée aux PME vient de remettre son rapport final à Nyse Euronext. Dirigé par Fabrice Demarigny, associé chez Mazars, le COS avait déjà présenté, cet été, un rapport initial dans lequel ses membres avaient brossé les grands axes de cette future structure. Après consultation de 200 représentants d'associations professionnelles, d'intermédiaires et d'investisseurs en tous genres, et surtout après avoir écouté les remarques de toutes ces personnalités à l'issue de la parution du premier texte, le COS présente donc un projet beaucoup plus abouti. En le remettant entre les mains de Nyse Euronext, il passe aussi le témoin à l'opérateur de marché à qui revient maintenant la lourde charge de transformer l'essai. Va-t-il réellement porter ce projet, accepter le principe d'une ouverture du capital? Le COS milite, en tous cas, pour des réponses nettes, précises et rapides. «Le COS considère qu'un certain nombre de conditions doivent être remplies pour un lancement opérationnel viable de la Bourse de l'Entreprise, dans la mesure du possible, avant l'été 2013. A commencer par une décision officielle de création avant le mois de décembre 2012 et la présentation d'un business plan couvrant au minimum les trois premières années d'existence de la Bourse de l'Entreprise», soutient Fabrice Demarigny dans un communiqué.

Nyse Euronext ne veut pas encore commenter ce rapport

Interrogé, Nyse Euronext ne veut pas encore commenter ce rapport ni ses intentions qu'il livrera lors de la prochaine réunion du Haut Comité de Place.
A noter que le rapport final du COS confirme d'abord l'idée que Paris a besoin d'une Bourse dédiée aux PME-PMI et que cette structure doit prioritairement s'occuper des attentes de ces acteurs. Il confirme aussi la gouvernance déjà recommandée au début de l'été, à savoir un mode de fonctionnement dual avec un conseil de surveillance et un directoire, avec des dirigeants «à temps plein»... Sur le plan capitalistique, le COS ne fait pas de l'ouverture du capital de cette structure un préalable indispensable et parle d'éventuels «nouveaux actionnaires, sélectionnés sur la base d'appel d'offre». Laissant ainsi à Nyse Euronext la possibilité de lancer ce projet sans faire entrer des capitaux extérieurs. Pour le plus grand désarroi de plusieurs associations professionnelles pour lesquelles une telle issue risque de rendre inopérante cette future Bourse des PME.

Quelle structure jurique?

Reste aussi à trouver la structure juridique de cette future entité sachant qu'elle doit accueillir des entreprises aujourd'hui logées dans les compartiments B et C d'Euronext, soit des marchés réglementés et Alternext, marché régulé. De même, le rapport définitif met-t-il l'accent sur l'importance du modèle fédéral de la future Bourse et ce, en adequation avec le modèle actuel de Nyse Euronext avec un cadre juridique et réglementaire applicable dans chaque pays.

Une plus grande proximité avec les émetteurs régionaux

Enfin, «pour faire écho aux commentaires appelant à une meilleure prise en compte des tissus économiques et financiers locaux et régionaux, le COS préconise dans une nouvelle recommandation de renforcer l'objectif d'une plus forte proximité dans le déploiement de la Bourse de l'Entreprise et notamment dans sa relation émetteurs et sa politique de prospection de nouveaux candidats à la cotation, de concert avec l'ensemble des acteurs des écosystèmes locaux et régionaux», soutient Fabrice Demarigny. De quoi redonner du baume au c?ur de tous ceux qui se plaignaient de la disparition des Bourses régionales et de la délocalisation à New York des organes décisionnaires de l'opérateur boursier.
Comment seront traduites toutes ces attentes? Le COS a parfaitement rempli sa mission en relayant les besoins des PME mais aussi en fixant un cadre opérationnel et des objectifs ambitieux. L'évolution du projet ne lui appartient plus. C'est maintenant que tout se joue.

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