Les financiers redoublent d'imagination pour relancer les actions

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Face au désamour des investisseurs pour les actions, plusieurs financiers mettent en place des initiatives pour redonner envie de se positionner sur cette classe d'actifs. Avec quel succès dans le temps? Seul l'atout du rendement pourrait inverser la tendance.

Les actions retrouveront-elles un jour les faveurs des investisseurs? Pour l'heure, les chiffres n'en attestent pas. Les entreprises se négocient à des niveaux de valorisation historiquement bas et les indices boursiers ont du mal à retrouver durablement le chemin de la hausse, y compris dans les pays émergents et des zones comme la Chine ou le Japon où les niveaux de croissance n'ont rien à voir avec ceux de l'Europe. Il y a certes certaines initiatives plutôt encourageantes comme celle des assureurs français qui, pour contourner les nouvelles contraintes des normes Solvency II, ont décidé de créer un fonds collectif en vue de prendre des participations d'au moins 10 à 15% dans de grandes entreprises françaises en vue de les conserver au moins 10 ans. Et ce, dans l'optique d'accompagner ces entreprises sur le long terme et de ne pas être considérés comme investisseurs de court/moyen terme, statut qui déclenche les lourdes mesures prudentielles en termes de capitaux propres.

Privilégier le rendement et la faible valorisation

D'autres comme Prigest et SwissLife ont décidé de redonner aux actions toutes leurs lettres de noblesse. Pour ce faire, ils viennent de créer un fonds très innovant calqué sur le modèle des fonds à échéance, ces produits obligataires garantissant un rendement à une date fixée à l'avance, de manière générale sur 8 ans. Sauf que dans le cas précis, ce fonds n'est pas constitué d'un panier d'obligations mais d'actions. Mais pas n'importe quelles actions. Christian Cambier, l'initiateur de ce projet, bien connu des boursiers pour son amour du stock-picking depuis plus de 40 ans, a eu l'idée d'aller chercher aux Etats-Unis, en Europe et en Asie, 40 valeurs offrant un excellent rendement depuis de très nombreuses années et pâtissant d'un «price to book» (cours de Bourse/valeurs actifs) particulièrement bas. Ce fonds fermé (il vient d'ouvrir et sera clos en mai 2013) propose ainsi un rendement annualisé de 7% à l'horizon 8 ans. Sachant que pour sécuriser la performance, les gérants vendront la ou les valeurs atteignant l'objectif fixé lors de son acquisition, de manière à se positionner ensuite sur d'autres sociétés aux potentiels intacts. L'idée est de capitaliser sur l'atout du rendement offert aujourd'hui par les bonnes entreprises cotées. Un atout actuellement plus intéressant que celui proposé par les obligations, lesquelles sont tellement prisées qu'elles finissent par voir leur performances s'amenuiser, avec le risque de pâtir d'un effet «bulle».

Un encours de 200 millions d'euros

Le fonds en question, SwissLife funds Prigest world 2020 vise un encours de 200 millions d'euros, ses promoteurs tablant sur un retour progressif des investisseurs sur les actions. «Il existe toujours d'excellentes entreprises, qui délivrent de très beaux rendements avec pourtant des niveaux de valorisation aberrants. En Bourse, il faut savoir anticiper. C'est maintenant qu'il faut se positionner sur ces valeurs. Je pense que ce concept novateur va faire beaucoup d'émules», stipule Christian Cambier. Parmi les secteurs privilégiés dans ce fonds: les produits de consommation cyclique, la finance/immobilier et l'industrie avec 15 valeurs asiatiques, 15 valeurs européennes et 10 valeurs américaines. Les frais de gestion atteignent 1% pour les «zinzins» et 2% pour les investisseurs particuliers, sachant que toute sortie anticipée (avant 8 ans), n'est pas assortie de pénalités.

Des ETF reposant sur des indices de rendement

Enfin, il est intéressant de noter que State Street, société de gestion qui commercialise notamment les plus importants ETF mondiaux sous la marque SPDR, ces fonds reproduisant des indices, des paniers d'actions, d'obligations ou de matières premières, tout en profitant de la liquidité d'une action compte tenu de sa structure juridique, contribue, elle aussi, à redorer le blason des actions. Elle propose en effet une gamme d'ETF reposant sur des indices de rendement. Indices regroupant les actions offrant les meilleurs rendements depuis 20 ans. Il existe à ce jour trois catégories d'ETF de ce genre : le premier reproduit un indice de rendement européen, le second un indice nord américain et le troisième un indice de pays émergents. En l'espace d'un an, ces trois types d'ETF ont collecté 700 millions d'euros. Le succès est même tel, que les dirigeants de State Street envisagent de regrouper ces trois zones pour proposer un ETF global sur ce thème. Il est d'ailleurs très intéressant de noter, que les responsables de ce groupe enregistrent depuis plusieurs mois un certain retour des investisseurs sur les produits actions et plus spécialement nord américains. Sectoriellement, c'est la santé qui concentre leur intérêt et plus globalement, les domaines défensifs.

Quel désamour pour les actions ?

Ces produits réussiront-ils à rendre à la Bourse son lustre perdu? Si State Street constate une petite inflexion dans le désamour des donneurs d'ordres pour les actions, le dernier sondage réalisé par les organisateurs du salon Actionaria est pourtant sans appel: les particuliers ne veulent plus entendre parler de cette classe d'actifs qu'il juge risquée et surtout trop volatile pour rester dans leur portefeuille. D'où l'intérêt des initiatives de ces financiers. Mais avec quel succès dans le temps? De l'avis des plus avisés, ce n'est certes pas quand tout le monde se rue sur un type d'investissement et que celui-ci est au plus haut qu'il faut se positionner dessus. Les actions sont actuellement au plus bas, mais elles peuvent toutefois le demeurer longtemps....

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Commentaires
a écrit le 26/11/2012 à 16:35 :
Ca me fait penser à cette énorme esbrouffe, les différents plans épargnes actions donnés par les entreprises, à chaque fois je me suis retrouvé avec moins d'argent qu'au départ, les banquiers entre temps s'étaient bien sucrés sur le dos de cette ânerie, les bénéf pour eux les pertes pour nous.
a écrit le 17/11/2012 à 10:36 :
La position officielle du Gouvernement actuel, identique d'ailleurs à celle du précédent Gouvernement, est de décourager l'investissement en actions. A ma connaissance, le Gouvernement n'envisage pas de modifier sa position.
a écrit le 17/11/2012 à 9:39 :
Les pros (Banques assurances fonds de placements) se mangent mutuellement la laine sur le dos. Il faut donc trouver de nouveaux pigeons.

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