Brexit, dette... Les marchés en tension craignent une récession en Europe
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Kai Pfaffenbach
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"Le marché digère encore la contraction de l'activité manufacturière aux États-Unis" publiée hier, a noté auprès de l'AFP Eric Vanraes, gérant obligataire de la banque suisse Eric Sturdza.
L'activité du secteur manufacturier aux États-Unis a encore reculé en septembre pour tomber à son plus bas niveau en 10 ans, mardi, tandis que le secteur privé aux États-Unis a créé 135.000 emplois en septembre moins que le mois précédent et les attentes des analystes, selon l'enquête mensuelle d'ADP, publiée mercredi.
Les principaux instituts économiques allemands ont en outre annoncé un abaissement leurs prévisions de croissance de l'économie allemande pour 2019 et plus nettement pour 2020.
Ce contexte d'inquiétudes marquées pour l'économie s'est traduit différemment en Europe et aux États-Unis.
Mais, en Europe, a-t-il poursuivi, "les taux d'emprunt n'ont pas suivi cette logique" et la raison est à chercher du côté de la BCE.
Hier soir, le président de la Banque centrale européenne "Mario Draghi a de nouveau affirmé que la balle était désormais dans le camp des gouvernements et d'une relance budgétaire à grande échelle, sous-entendant que l'institution ne ferait pas plus que ce qu'elle a déjà annoncé", selon le spécialiste.
À 18h, le taux d'emprunt à 10 ans de l'Allemagne (Bund) a progressé à -0,550% contre -0,568% mardi à la clôture du marché secondaire, où s'échange la dette déjà émise.
Celui de la France a suivi le même mouvement à -0,251% contre -0,269%, à l'instar de celui de l'Espagne à 0,163% contre 0,145% et de celui de l'Italie à 0,897% contre 0,853%. Au Royaume-Uni, le taux d'emprunt à 10 ans est également monté à 0,500% contre 0,467%. Aux États-Unis, le taux à dix ans se détendait à 1,594% contre 1,635%, tout comme celui à 30 ans, à 2,072% contre 2,093%. Le taux à deux ans s'affichait pour sa part à 1,480% contre 1,546%.
La Bourse de Londres a terminé sur une lourde chute de 3,23% mercredi, emportée par les craintes sur la vigueur de la croissance mondiale et les incertitudes autour du Brexit.
À la clôture, l'indice FTSE-100 a perdu 237,78 points, à 7.122,54 points.
L'indice vedette de la Bourse de Londres n'avait pas connu une dégringolade d'une telle ampleur depuis janvier 2016.
Le marché britannique a ouvert en baisse et n'a cessé de s'enfoncer tout au long de la séance, ébranlé depuis la veille par un indicateur américain ravivant les craintes pour la croissance mondiale. Il a notamment accusé le coup après la décision de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) d'autoriser Washington à imposer des taxes sur près de 7,5 milliards de dollars de biens européens, en représailles à des aides accordées à Airbus.
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Les investisseurs britanniques sont restés par ailleurs déprimés par les développements autour du Brexit après de nouvelles propositions émises par le Premier ministre, Boris Johnson, pour trouver un accord avec l'UE, qui n'éloignent pas pour l'heure les risques d'une sortie de l'UE sans accord.
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