Jerome Powell (Fed) inquiète Wall Street qui décroche

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(Crédits : Eric Gaillard)
Wall Street a terminé en nette baisse la séance de mardi, entraînée vers le bas, particulièrement dans les derniers échanges, par les déclarations de Jerome Powell, le nouveau président de la Réserve fédérale. Powell entend bien éviter à l'économie des Etats-Unis tout risque de surchauffe tout en s'en tenant à son objectif d'une remontée progressive des taux d'intérêt.

Wall Street a reculé mardi à la clôture, craignant que l'optimisme du nouveau président de la banque centrale américaine (Fed) lors d'une audition au Congrès n'aboutisse à plus de hausses de taux que les trois prévues en 2018.

Selon des résultats définitifs à la clôture, l'indice vedette Dow Jones Industrial Average a perdu 1,16%, ou 299,24 points, à 25.410,03 points.

Le Nasdaq, à forte coloration technologique, a baissé de 1,23%, ou 91,11 points, à 7.330,35 points.

L'indice élargi S&P 500 a lâché 1,27%, ou 35,32 points, à 2.744,28 points.

Devant une commission de la chambre des Représentants et à l'occasion de sa première intervention publique, le nouveau président de la Fed Jerome Powell a dressé un tableau très optimiste de l'économie des États-Unis, affirmant que ses propres projections d'inflation et de croissance s'étaient améliorées depuis décembre, grâce notamment à la réforme fiscale adoptée par l'administration Trump.

"Jerome Powell semble prêt à augmenter les taux plus rapidement que prévu pour contenir l'inflation et a tenu un discours plus ferme que sa prédécesseure" Janet Yellen, a observé Peter Cardillo de First Standard Financial.

M. Powell semble "ouvert à une quatrième hausse de taux cette année", la Fed ayant pour le moment indiqué qu'elle n'en prévoyait que trois en 2018, a ajouté Karl Haeling de LBBW.

Les hausses de taux renchérissent notamment les coûts des emprunts pour les entreprises, d'où le recul observé à Wall Street.

"Monsieur Powell au Sénat"

Sensibles aux perspectives de hausse de l'inflation et de la croissance à long terme, les taux d'intérêt sur la dette américaine se sont fortement tendus après cette intervention.

Le taux des bons du Trésor à 10 ans montait à 2,899% contre 2,862% lundi soir et celui à 30 ans à 3,163% contre 3,153% la veille, faisant également pression sur le marché des actions.

La prochaine audition de M. Powell aura lieu jeudi face à un comité du Sénat.

Sur le front macro-économique les nouvelles ont été quant à elles plutôt positives: les prix des logements aux États-Unis se sont inscrits en hausse en décembre et la confiance des consommateurs a atteint en février son plus haut niveau depuis 2000.

Petit bémol: les commandes de biens durables ont reculé en janvier.

Parmi les valeurs du jour, Boeing a progressé (+0,32% à 364,64 dollars) après avoir annoncé mardi la finalisation du contrat pour la construction des avions présidentiels (Air Force One) de nouvelle génération.

Les groupes du secteur de la santé Walgreens (-2,07% à 69,14 dollars) et AmerisourceBergen (-2,92% à 97,64 dollars) ont chuté après l'échec d'une tentative de rachat de la seconde par la première, a rapporté la presse américaine.

Le groupe de grande distribution Macy's a progressé (+3,46% à 28,40 dollars) après avoir pris plus de 10% en cours de séance suite à la publication de bénéfices en forte hausse.

Le câblo-opérateur Comcast a chuté (-7,38% à 36,66 dollars) après avoir dévoilé une offre de 31 milliards de dollars pour acquérir la chaîne de télévision britannique Sky, une proposition supérieure à celle du groupe 21st Century Fox (-3,04% à 37,63 dollars), l'empire du magnat Rupert Murdoch.

Disney a également fortement baissé (-4,50% à 104,87 dollars) alors que le groupe souhaite acquérir une partie des activités de Fox.

La Bourse de Paris dans le sillage de Wall Street

La Bourse de Paris devrait ouvrir en repli mercredi matin dans le sillage de Wall Street, pour une séance riche en statistiques des deux côtés de l'Atlantique.

Le contrat à terme sur le CAC 40 reculait de 0,45% une quarantaine de minutes avant l'ouverture de la séance. La veille, l'indice avait fini stable (-0,01%) à 5.343,93 points.

De son côté, Wall Street a fini en net recul, lestée par les propos de Jerome Powell, le nouveau président de la Réserve fédérale américaine, qui s'est exprimé devant le Congrès.

Devant une commission de la chambre des Représentants mardi, le nouveau président de la Fed s'est montré optimiste sur l'état de l'économie américaine, confirmant par ailleurs que la Fed allait poursuivre ses hausses de taux d'intérêt graduelles.

"Interrogé pour savoir si les responsables de la banque centrale allaient par conséquent relever la projection médiane à quatre hausses de taux d'intérêt en 2018, contre trois actuellement, lors de leur prochaine réunion de mars, le président de la Fed a répondu qu'il ne voulait pas préjuger de ça", commentent dans une note les experts de Mirabaud Securities Genève.

"La probabilité de quatre hausses de taux cette année grimpe à 32% après les déclarations de Jerome Powell contre 24% la veille", ajoutent-ils.

Ces anticipations d'un relèvement des taux directeurs plus rapide que prévu ont suscité un mouvement de net recul à Wall Street en fin de séance, qui s'est répercuté aux Bourses asiatiques mercredi matin.

Du côté des indicateurs, l'agenda du jour sera particulièrement riche, avec notamment l'inflation européenne en février.

La France publiera quant à elle les dépenses de consommation des ménages en biens en janvier, ainsi que l'inflation au mois de février.

L'Allemagne a de son côté dévoilé son baromètre GfK. Selon cette étude, le moral des consommateurs allemands devrait se tasser légèrement en mars, altéré par l'incertitude politique persistante.

Dans l'après-midi, les États-Unis publieront la deuxième estimation de la croissance au quatrième trimestre, ainsi que l'activité économique dans la région de Chicago.

La Chine a quant à elle déjà publié les chiffres de son activité manufacturière en février, qui a enregistré son plus fort ralentissement depuis un an et demi.

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Commentaires
a écrit le 02/03/2018 à 15:04 :
l acien responsable de la banque DE FRANCE jean claude trichet a dit ce matin sur b f m radio qu il fallait s attendre a une nouvelles crisse du a la dette ?qu en et il vraiment? Y A T IL VRAIMENT UNE REPRISE OU VONT T IL L EMPECHE POUR CONTINUER LEURS ATTAQUES CONTRE LES DROITS SOCIAUX COMME VEUT LE FAIRE LE GOUVERNEMENT MACRON EN FRANCE???
a écrit le 28/02/2018 à 13:49 :
La simple prise de fonction de Jerome Powel a déjà fait décrocher la bourse de 15% en une semaine. Sa première intervention remet le couvert. Tout le monde sait que les banques sont avides d'intérêt et favorable à l'inflation qui gomme les pertes, que le Président du Fed est favorable aux banques et à la stagflation. La hausse des taux d'intérêt par le Fed déclencha en son temps la crise de 1929. Vivons nous vraiment actuellement des années folles?
a écrit le 28/02/2018 à 10:05 :
P.S: Ce serait bien que vous supprimiez vos indicateurs, momentanément bien entendu, plutôt que de les laisser avec le chiffre datant de l'en quarante comme avec le cours du brent qui est à -0.78% depuis deux semaines, merci.

A moins bien entendu que tous les jours le cours du brent ai perdu -0.78ù mais j'en doute...
a écrit le 28/02/2018 à 9:02 :
"La Bourse de Paris dans le sillage de Wall Street"

Depuis que j'écoute la bourse j'entends cette phrase, à se demander à quoi sert "l'indicateur" du CAC 40.

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