A la Fed, Janet Yellen passe le relais à Jerome Powell

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Janet Yellen était la première femme à prendre la tête de la Fed.
Janet Yellen était la première femme à prendre la tête de la Fed. (Crédits : Reuters)
Chômage au plus bas, inflation muette, croissance respectable: Janet Yellen, la première femme à avoir présidé la Fed, quitte la banque centrale américaine avec un sans-faute et les louanges des économistes, même si Donald Trump lui a préféré un républicain.

Une démocrate nommée par Barack Obama présidente de la Fed en 2014, Janet Yellen, 71 ans, laisse la place lundi à Jerome Powell, 64 ans, un avocat d'affaires déjà rompu à la technique monétaire, choisi par le président Trump.

Lire aussi : Qui est Jerome Powell, le nouveau patron de la Fed ?

Satisfecit, mais...

Même le président Trump qui a cassé avec la tradition de reconduire le dirigeant de la Fed pour un 2e mandat, lui avait trouvé des qualités "impressionnantes".

"La réputation de Mme Yellen sera ternie si dans deux ans, on a une profonde récession", avertit M. Wessel alors que le gonflement du prix des actions sur les marchés boursiers, favorisé par les taux d'intérêt bas, fait craindre la bulle financière.

Pour l'instant, la conduite de la politique monétaire n'attire que des louanges. Le taux de chômage qui, à l'arrivée de Mme Yellen en 2014 était de 6,7%, est tombé aujourd'hui à 4,1% au plus bas depuis 17 ans. Le quasi-plein emploi n'a pas réveillé les démons de l'inflation qui reste sous les 2% et l'économie américaine entre dans sa neuvième année de reprise. La stabilité des prix et la promotion de l'emploi constituent le double mandat de la banque centrale.

Héritant d'une situation monétaire inédite où, pour doper l'activité, les taux ont été maintenus à zéro pendant presque huit ans et où la banque centrale a injecté des milliers de milliards de dollars dans le système financier, Mme Yellen a adroitement corrigé la trajectoire.

Les faveurs des républicains, des démocrates... pour Powell

Avant de prendre officiellement son nouveau poste pour les quatre années à venir, Jerome Powell devra être confirmé par le Sénat. Une formalité pour celui-ci, tant son CV s'attire les faveurs des républicains comme des démocrates.

Membre du Grand Old Party, il a servi sous l'administration Bush père en tant que sous-secrétaire du Trésor. Après son passage en politique, il entre en 1997 comme associé dans le groupe Carlyle, une société américaine de gestion d'actifs, avant de la quitter en 2005. Un argument supplémentaire en sa faveur pour les élus républicains, majoritaires au Sénat, qui généralement apprécient les candidats avec une expérience dans le privé.

La désignation de Jerome Powell est aussi un gage pour les démocrates. En tant que membre du Board de la Fed depuis 2012, sa fidélité aux décisions de la démocrate Janet Yellen rassure l'opposition. Jerome Powell a soutenu sans discontinuité la politique de taux bas de la patronne de la Réserve fédérale, ce qui le classe parmi les "colombes", ou "dovish" en anglais.

(avec agences)

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Commentaires
a écrit le 05/02/2018 à 12:12 :
Nous regretterons Jany -
a écrit le 02/02/2018 à 20:59 :
L’incroyable explosion de l ´économie américaine en pleine crise mondiale depuis plus de 10 ans
ce n’est pas ni «  grâce « à   Mme Yellen ou la personne avant elle ou après elle.

Les Américains ont réussi à baisser leur devise face à l’Euro ( une union européenne trop rapide a 28 sans fondement stable économiquement)
Réponse de le 05/02/2018 à 16:23 :
Check fact :
1 fév 2008 : 1 EUR = 1,48 USD
1 fév 2018 : 1 EUR = 1,25 USD
L'euro est sur une tendance à la baisse face au dollar depuis 10 ans et la crise de 2008
a écrit le 02/02/2018 à 19:13 :
en plus de la déroute institutionnelle/politique, est-ce que la situation économique/sociale est vraiment solide ?
augmentation des déficits budgétaire et commercial.
105% PIB de dette publique et 81% de dette des ménages.
très faible taux d'épargne des ménages à 2,4%, comme avant 2008. augmentation des défauts de paiement sur les crédits auto et mes cartes de crédit (Financial Times, Les Echos). de plus en plus de ménages inquiets pour leurs finances (Bloomberg, 29/11/2017). 78% des travailleurs à temps plein vivent "paycheck to paycheck" (ne peuvent épargner) contre 75% en 2016 (Careerbuilder, 08/2017).
25% d'emploi bas salaires, taux le plus élevé des pays développés (OCDE). et les bas salaires US sont les plus bas de l'OCDE ("The US leads in low wage work and the lowest wages for low-wage workers", Economic Policy Institute, 09/2014).
pauvreté/inégalités très élevées (OCDE ; UNICEF). faible classe moyenne ("Classe moyenne : un Américain sur deux, deux Français sur trois", France Stratégie, 02/2016).
très mauvaise santé (plus faible espérance de vie des pays riches, obésité, opioïdes, suicides, etc...). système de santé particulièrement inefficace (Bloomberg Healthcare Efficiency Index 2016).
etc...

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