Marché: une séance rythmée par les statistiques
Cercle Finance
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(CercleFinance.com) - La Bourse de Paris devrait ouvrir en légère hausse jeudi matin dans l'espoir que la série d'indicateurs au menu du jour confirmeront la tendance au ralentissement de l'inflation tout comme la bonne résistance de l'activité économique.
Vers 8h15, le contrat à terme sur l'indice CAC 40 - échéance fin avril - avance de 49 points à 7452 points, signalant un début de séance en territoire positif.
La tendance sur les places boursières mondiales pourrait grandement dépendre des indicateurs économiques attendus dans la journée, puisque les investisseurs prendront connaissance des chiffres de la production industrielle en zone euro, puis de l'indice des prix à la production aux Etats-Unis.
Les économistes s'attendent à une progression de la production manufacturière sur le Vieux Continent, bien aidée par le reflux des prix de l'énergie.
Ils pensent aussi que la désinflation devrait se poursuivre dans le secteur américain des biens, comme l'a illustré hier le ralentissement des prix à la consommation.
La Bourse de Paris avait achevé la séance d'hier sur un gain anecdotique de 0,1% à 7396 points, un final plutôt décevant lorsque l'on sait que l'indice parisien s'était brièvement arrogé près de 1% en début d'après-midi.
Après avoir inscrit un nouveau record absolu en séance, à 7464 points, suite à la parution des chiffres de l'inflation aux Etats-Unis, le CAC a finalement cédé la quasi-totalité de ses gains en fin de journée.
De fait, les intervenants ont choisi d'ignorer les chiffres plutôt rassurants des prix à la consommation Outre-Atlantique, qui montrent que l'inflation continue de refluer.
'Les marchés d'actions ont peu bougé, la lecture de ces chiffres n'ayant pas enterré la perspective d'un nouveau relèvement de taux de 25 points de base de la part de la Fed', expliquent les analystes de Liberum.
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'Si la plupart des composantes de la statistique se sont tassées, ce qui joue en faveur d'une pause à l'issue de la prochaine réunion du FOMC au mois de mai, la persistance de la cherté des loyers milite en faveur d'un nouveau tour de vis', estime le broker londonien.
Les investisseurs commencent à réaliser que les banques centrales ne pourront pas réduire leurs taux tant que la spirale inflationniste ne sera pas totalement enrayée.
'Ainsi, même si nous sommes proches du pic des taux, les taux ne baisseront pas de sitôt, à moins d'un accident financier', prévient Colin Graham, stratège multi-actifs chez Robeco.
'C'est là que notre point de vue diffère du consensus du marché, qui s'attend à ce que la Fed réduise bientôt ses taux et que la BCE le fasse vers la fin de l'année', souligne l'investisseur.
Si l'inflation semble avoir dépassé son pic, sa décrue est particulièrement lente et elle devrait rester nettement supérieure à la cible de 2% pendant de longs mois.
De ce point de vue, la Réserve fédérale n'en a peut-être pas encore tout à fait terminé avec la remontée de ses taux directeurs.
Autre point de crispation, le resserrement monétaire à l'oeuvre devrait entraîner l'économie américaine en récession au second semestre 2023 et limiter la reprise attendue en 2024.
Chez PIMCO, on estime que les risques d'une récession 'plus précoce et plus sévère' se sont accrus.
Pour le gestionnaire d'actifs, la faillites de certaines banques, l'augmentation du coût du capital et la fuite des dépôts des banques américaines les plus fragiles laissent en effet entrevoir un resserrement marqué des conditions de crédit.
Dans ce contexte, le rendement des bons du Trésor américain à dix ans revient autour de 3,40% dans l'attente des indicateurs du jour aux Etats-Unis, après être repassé en trombe au-dessus des 3,43% hier.
Sur le marché obligataire européen, la tendance devrait, elle aussi, être influencée par les statistiques figurant à l'agenda de la séance.
En attendant, le rendement à dix ans français monte à 2,94% et son équivalent allemand à 2,36%, suit la même tendance à la dégradation.
Sur le marché des changes, le dollar est reparti à la hausse face à l'euro, après s'être approché de 1,10, même si certains cambistes jugent le billet vert surévalué sachant que le différentiel de taux d'intérêt entre les deux côtés de l'Atlantique est appelée à se resserrer.
Le marché pétrolier se stabilise après son envolée des trois dernières semaines (+25% environ depuis le 17 mars), mais conserve les gains engrangés mercredi après l'annonce d'une hausse anecdotique des stocks de brut aux Etats-Unis.
Le Brent recule de 0,3% à 87,1 dollars le baril tandis que le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) cède 0,2% à 83,1 dollars.
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