Turquie : les marchés décrochent sur fond de tensions avec les États-Unis

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La Bourse d'Istanbul a ouvert en baisse de 4% lundi et la livre turque a également chuté sur le marché des changes après l'annonce par les Etats-Unis et laTurquie d'une suspension réciproque de leurs services de visas, un nouveau signe de la dégradation des relations entre les deux alliés de l'Otan.
L'indice Bist-100 de la Bourse d'Istanbul perd 3,66% en début de séance, avec notamment des baisses de 11% pour les compagnies aériennes Turkish Airlines et Pegasus Airlines. La banque Halk Bank lâche de même 8,15%.
La livre décroche de son côté de 2,6%, à 3,7120 pour un dollar contre 3,6160 vendredi soir, après avoir reculé jusqu'à 3,9223 dans la nuit.
La mission diplomatique américaine en Turquie, puis la mission turque à Washington, ont annoncé dimanche qu'elles réduisaient chacune vis-à-vis de l'autre leurs services de visas, dans le but de "réévaluer" leurs engagements respectifs vis-à-vis de la sécurité de leurs personnels.
La semaine dernière, un employé du consulat des Etats-Unis à Istanbul a été arrêté parce qu'il était soupçonné par les autorités turques d'être en relation avec Fethullah Gülen, le religieux exilé aux Etats-Unis que la Turquie considère comme responsable du coup d'Etat manqué de juillet 2016.
Mais le président Tayyip Erdogan ne cache pas son mécontentement face aux taux élevés et la banque centrale est également confrontée à l'aggravation du déficit courant, ajoute Timothy Ash.
Plus de 50.000 personnes ont été arrêtées depuis le coup d'Etat manqué de juillet 2016 enTurquie et 150.000 personnes, professeurs, universitaires et juristes, ont été suspendues de leurs fonctions. La Turquie a demandé en vain aux Etats-Unis l'extradition de Fethullah Gülen pour le putsch manqué qui a fait plus de 240 morts. Le prédicateur religieux nie toute participation.
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Le gouvernement turc n'apprécie pas non plus le soutien de Washington aux combattants kurdes des milices YPG en Syrie, qu'il considère comme une extension du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), qui mène une insurrection depuis plus de 30 ans dans le Sud-Est turc à majorité kurde.
(avec Reuters)
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