Merkel veut la fin des discussions d'adhésion UE-Turquie

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(Crédits : Reuters/Fabrizio Bensch)
La chancelière allemande Angela Merkel s'est prononcée dimanche en faveur de l'arrêt des négociations d'adhésion de la Turquie à l'Union européenne, ce qui semble être un changement de position de sa part.

La chancelière allemande Angela Merkel a jugé dimanche soir que la Turquie n'adhèrerait jamais à l'Union européenne, alors que les sujets tensions se multiplient entre l'Europe et Ankara.

 "Je ne vois pas l'adhésion arriver et je n'ai jamais cru que cela puisse survenir", a déclaré Angela Merkel lors d'un débat télévisé à trois semaines des élections législatives allemandes, ajoutant que la question était de savoir qui de la Turquie ou de l'UE "fermerait la porte" en premier.

"Il est évident que la Turquie ne devrait pas devenir membre de l'UE", a dit la dirigeante conservatrice lors d'un débat télévisé face à son adversaire social-démocrate, Martin Schulz, en vue des élections fédérales du 24 septembre en Allemagne. "Je discuterai avec mes collègues (de l'UE) pour voir si nous pouvons parvenir à une position commune à ce sujet afin que nous puissions mettre un terme à ces négociations d'adhésion", a ajouté Angela Merkel.

Ces déclarations sont susceptibles de dégrader un peu plus les relations entre l'Allemagne et la Turquie, qui se sont nettement détériorées avec les accusations de dérive autoritaire portées en Europe contre le président turc Recep Tayyip Erdogan depuis qu'il a réchappé à une tentative de coup d'Etat en juillet 2016.

La Turquie n'a pas réagi dans l'immédiat

Angela Merkel s'est exprimée ainsi après avoir été manifestement surprise par son adversaire social-démocrate lorsque ce dernier s'est engagé à faire pression en faveur d'un arrêt des négociations UE-Turquie s'il accédait au poste de chancelier après le scrutin du 24 septembre.

"Si je deviens chancelier d'Allemagne, si le peuple de ce pays me confie ce mandat, alors je proposerai au Conseil européen que nous mettions fin aux discussions d'adhésion avec la Turquie", a dit Martin Schulz. "Est-ce que nous pourrons rallier tous les pays à cela, je ne sais pas. Mais je me battrai pour ça."

Dans un premier temps, Angela Merkel a mis en garde contre une telle initiative en jugeant irresponsable de fragiliser davantage les relations avec la Turquie alors que des Allemands sont emprisonnés dans ce pays.

Douze Allemands, dont quatre possèdent aussi la nationalité turque, sont actuellement détenus en Turquie pour leurs activités politiques présumées.

"Je n'ai pas l'intention de rompre les relations diplomatiques avec la Turquie simplement parce que nous sommes en campagne électorale et que nous voulons montrer à chacun qui est le plus fort", a dit la chancelière.

Merkel veut séduire les électeurs conservateurs

Alors que les journalistes avaient changé de sujet et interrogeaient les deux adversaires à propos du président américain Donald Trump, Angela Merkel est revenue sur le thème de la Turquie et a brusquement pris parti en faveur d'un arrêt des négociations d'adhésion à l'UE.

Les conservateurs de l'Union chrétienne démocrate (CDU), le parti d'Angela Merkel, s'opposent de longue date à une adhésion de la Turquie à l'UE.

L'ouverture de ces discussions entre Ankara et Bruxelles a été décidée quelques mois avant l'arrivée d'Angela Merkel à la chancellerie en 2005. Elle a toujours dit qu'elle respecterait cette décision et que les négociations, qui sont aujourd'hui de fait à l'arrêt, étaient un processus "ouvert". (Michael Nienaber et Noah Barkin ; Bertrand Boucey pour le service français)

(avec agences)

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a écrit le 07/09/2017 à 8:25 :
Je ne croit pas que la Turquie est voulu réellement entré dans l'union européenne, car ni l'armé turc, ni la population turc y est favorable. Je pense que la Turquie devrai se tourné vers l'asie et se rapprocher d'avantage de la Russie, Chine, Iran, Corée du nord.
a écrit le 06/09/2017 à 7:36 :
Cela fait combien de temps qu'elle est au pouvoir? Et elle vient seulement de s'en apercevoir. Si elle avait tenu ce discours au moment de son arrivée à la Chancellerie, on aurait gagné du temps et de d'argent et la Turquie, et les Turcs, aurait été moins arrogante.
a écrit le 05/09/2017 à 11:35 :
Il suffirait que l'Europe reconnaisse ses valeurs démocratiques, ainsi que sa culture et ses racines chrétiennes, pour en exclure automatiquement la Turquie, un Pays qui était laïque, mais qui sous la férule de son dictateur Erdogan, s'oriente vers l'islam intégriste.
Réponse de le 05/09/2017 à 17:55 :
Mais alors pourquoi L'Europe a donné de l'argent à la Turquie pour qu'elle bloque les migrants Syriens en Turquie ?
M.Merkel utilisé l'argument Turc à cause des élections et pour éviter la montée du populisme Allemand , pour éviter une désunion du peuple.
C'est bien connu que les Allemands sont moins ouverts au mondialisme que les Anglophones.
Par ailleurs, la Turquie ne veut pas adhérer à l'Europe et si Mme Merkel ne veut pas c'est à cause d'une histoire d'argent rien à avoir avec les valeurs , car si ces valeurs existaient, on aurait pas vécu les drames humains des 30 dernières années.
La Turquie n'a rien à faire dans l'Europe ou un Euro fort plombe l'économie de tous.
a écrit le 05/09/2017 à 11:14 :
Avec l'Islamiste ERDOGAN elles n'auraient jamais du commencer, il est tourné définitivement vers les Pays Arabes Musulmans et non vers l'U.E.
Merci Les Allemands qui ont pourtant sur leur sol la plus forte colonie Turque, jettent enfin l'éponge sur ce feuilleton sans fin.
a écrit le 05/09/2017 à 7:00 :
La Turquie n'est plus dans les critères d'adhésion depuis un certain temps.... Nous devons mettre fin à cette demande.... Nous devons être intransigeant avec nos valeurs....
a écrit le 05/09/2017 à 0:02 :
Au rédacteur: on échappe à, mais on réchappe de.
a écrit le 04/09/2017 à 19:02 :
Enfin !
a écrit le 04/09/2017 à 16:56 :
elle le pense jusqu'à sa reélection
a écrit le 04/09/2017 à 16:46 :
Cette grande Dame a entièrement raison car c'est un pays musulmans !!!!!
a écrit le 04/09/2017 à 16:10 :
En ce qui concerne la Turquie, c'est une sage décision mais nos amis américains ne vont pas être contents...
Cordialement
a écrit le 04/09/2017 à 15:29 :
Enfin, bravo Merkel, il faut parler "cash", il est grand temps... L'UE ne peut pas accepter la Turquie pour toutes sortes de raisons ,dont la première est sa survie même !!! Mais bien sur ,on peut continuer à coopérer et même avoir un solide partenariat !!! Que l'on a initié des 1964...c'est bien comme cela, et c'est tout.
a écrit le 04/09/2017 à 13:25 :
La Turquie a choisit la dictature et renonce à la justice
Elle n a rien à voir avec l Europe que nous espérons
a écrit le 04/09/2017 à 13:19 :
Allez savoir pourquoi les droites européennes ressortent la Turquie à chaque élection...on se demande vraiment pourquoi....meme si c'est dur de discuter avec Erdogan, il me semble plutôt plus malin de dire qu elles sont suspendues pour telle et telle raisons, afin d avoir un levier extérieur et un appui au force démocratique intérieur.
a écrit le 04/09/2017 à 12:14 :
Enfin, on arrive à une conclusion qui semble pleine de bon sens, merci Erdogan.
Que l'on coopère avec la Turquie c'est trés bien.
Qu'on intègre la Turquie dans l'UE pour avoir encore un autre pays qui ne partage pas nos valeurs, c'est se tirer une balle dans le pied.
Sarkozy avait tout à fait raison de s'y opposer, il était bien le seul à l'époque.
a écrit le 04/09/2017 à 12:09 :
Ce n'est pas stratégique de la part de Mme Merckel d'utiliser cet argument uniquement à cause des élections, ces propos hors élections aurait été neutres mais là c'est plutôt suspect.
a écrit le 04/09/2017 à 12:01 :
Bravo.
Un peu de parler vrai ne peut pas nuire.
Erdogan est un danger. L'éloigner est salutaire.
a écrit le 04/09/2017 à 11:31 :
Sur ce plan là et jusqu’à maintenant ce n’était pas l'UE de Bruxelles qui décidait du fait de faire correspondre cette zone administrative avec l'OTAN!
a écrit le 04/09/2017 à 11:17 :
Des discussions qui n'auraient jamais dû commencer. Nous avons déjà des problèmes d'intégration avec les pays de l'est complètement retardé sur le plan économique. Des pays qui mettent du temps à sortir du communisme. La Turquie, c'est encore plus compliqué , un pays musulman et peu démocratique, un euphémisme de le préciser.
Réponse de le 04/09/2017 à 12:04 :
@BA: en effet, on n'aurait jamais dû essayer la Turquie, ni la Grèce d'ailleurs (qui pour ceux qui ne le sauraient pas est une ancienne province de l'Empire ottoman - Turquie actuelle). Quant aux pays de l'Est, ils ne sont pas plus communistes que la France (par exemple), ils sont opportunistes et profitent des transferts d'argent en leur faveur que leur offret l'UE :-)
Réponse de le 04/09/2017 à 13:38 :
la grèce conquise pendant 400 ans par les ottomans et on raye d'un trait plus de 2000 ans d'histoire et le fait que la culture grecque est à la base de la culture européenne...
Réponse de le 04/09/2017 à 15:16 :
Les pays de l'est rattrapent à grandes enjambées leur retard économique. Allez faire un tour dans la région de Prague, de Tallinn, de Varsovie ou de Ljubljana et vous verrez s'il s'agit d'endroits attardés et misérables...
Le problème de la Turquie n'est d'ailleurs pas économique. C'est plutôt un problème démocratique. Erdogan a fait reculer les libertés (à vrai dire il les a quasi supprimées), et en plus, il tourne le dos à la laïcité pour laisser une emprise de plus en plus forte sur la société de l'islam.
Réponse de le 05/09/2017 à 9:13 :
@sacré: 1) La "Grèce antique" était un conglomérat de villes indépendantes perpétuellement en guerre l'une contre l'autre, et l'apport culturel est le fait des métèques (littéralement les étrangers à la ville). 2) La civilisation actuelle découle de pratiques empiriques acquises au cours des âges, à savoir qu'avant toi, il y avait quelqu'un d'autre et qu'après toi, il y aura quelqu'un d'autre. Je trouve donc très arrogant que quiconque puisse prétendre s'arroger la naissance du monde :-)
a écrit le 04/09/2017 à 10:35 :
C'est stupide également, il est bien évident que ce pouvoir turque n'est pas démocratique et que pour le moment il faut geler les négociations c'est une évidence rare maintenant le peuple turque lui est bien plus démocrate que son oligarchie, comme dans à peu près tous les pays du monde d'ailleurs, du coup lui enlever tout espoir définitif, car bien entendu on le leur dit pas ce qu'est réellement l'europe, on leur parle d'union des peuples alors que ce n'est qu'une union des oligarchies mais bon c'est un autre problème majeur certes par contre, de faire partie de cette censée grande union des peuples c'est le punir de faits dont il n'est pas responsable.

Merkel est enfermée au sein de cette pensée binaire néolibérale qui voudrait qu'il y ai un bien et un mal, le bien de merkel étant le mal des peuples bien souvent par ailleurs, et comme erdogan délire grave elle estime que la turquie n'est pas fréquentable où comment démontrer que seule l'opinion des 10% des gens les plus riches dans chaque pays compte ignorant 90% des gens du peuple. Réflexe tacite oligarchique dont notre europe crève.

Par ailleurs, si nos décideurs étaient rien qu'un peu clairvoyants, ils mettraient en avant cette union méditerranéenne qui pourrait permettre de mettre autour d'une table de nombreux pays facteurs de déséquilibres mondiaux majeurs, mais comme c'était une idée sarkozyste qui ne travaillait que pour faire oublier ses nombreuses malversations, ce qui pourrait être un facteur d'évolution diplomatique entre pays sensibles est presque déjà enterré parce que pas du tout préparé.

Bref nos dirigeants seulement là pour prendre aux pauvres pour donner aux riches ne sont pas capables de gérer des peuples entiers et notre planète suffoque de cette servilité oligarchique permanente.

« Le président Erdoğan signe la fin du « modèle turc » :Une lente escalade » https://www.monde-diplomatique.fr/2017/04/GILLARD/57348
a écrit le 04/09/2017 à 10:35 :
Force est de reconnaître que la Turquie ne respecte plus du tout les critères de Copenhague, et donc qu'elle n'a rien à faire dans l'UE.
a écrit le 04/09/2017 à 10:28 :
C'est logique après tout ...pourquoi faire rentrer la Turquie en Europe ...quand le Royaume Uni se barre.. ?...pour la Syrie ..faudra poser la question à Mme Merkel...
a écrit le 04/09/2017 à 9:57 :
OUF!
BON DEBARAT

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