"Nous préférons recruter dans les écoles bien classées dont le cursus rassure nos clients"

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Entretien avec Isabelle Grevez, directrice du recrutement de PwC

Regardez-vous les classements des écoles et qu?en faites-vous ?
Nous les regardons avec du recul. Ce n?est pas parce que le classement est modifié à la marge que cela change quoi que ce soit pour nous, car nous savons que les classements sont sensibles aux critères utilisés. Par exemple, les classements internationaux donnent- beaucoup d?importance à la recherche, ce qui n?est pas un critère pour nous. Cependant, les classements sont des marqueurs du marché, car tous les acteurs, dont les étudiants, les regardent avant de choisir leur école. Il nous arrive de tester de nouvelles formations ou des écoles différentes. Dans ce cas, nous embauchons des diplômés d?établissements qui ne sont pas notre cible initiale. S?ils correspondent à nos métiers, nous multiplions nos recrutements dans ces écoles. C?est l?expérience qui, en définitive, détermine notre choix.

En isolant les écoles du haut des classements, estimez-vous qu?il existe de grandes différences entre les écoles (de commerce et d?ingénieurs) ?
Certaines écoles sont plus tournées vers le marketing, d?autres davantage vers la finance? Parce que nous sommes- PwC, cabinet d?audit et de conseil, nous recrutons plus facilement des diplômés issus d?une formation finance. Ce qui ne nous empêche pas de recruter des personnes issues d?autres formations, et qui savent nous convaincre de leur motivation et de la cohérence de leur choix. Il existe de nombreuses différences entre les écoles-, notamment de commerce et d?ingénieurs. Les ingénieurs sont généralement moins formés aux techniques de l?entretien, mais leur profondeur et capacité d?analyse ne se retrouvent pas chez tous les candidats issus d?écoles de commerce.

Préférez-vous recruter les élèves des écoles bien classées ? N?avez-vous pas peur d?uniformiser vos recrutements ?
On trouve de très bons candidats dans toutes les écoles, mais nous préférons recruter dans les écoles bien classées, dont le cursus rassure nos clients.
Nous ne craignons pas l?uniformisation, d?une part parce que toutes les grandes écoles ont élargi leur recrutement hors du cursus classique post-prépa. D?autre part, aujourd?hui, les établissements comptent 30 % d?étudiants de nationalité étrangère. Cela résonne chez nous, puisque chez PwC France nous recensons plus de 50 nationalités différentes dans nos effectifs. Nous avons aussi recruté, avec l?opération Phénix que nous avons lancée il y a cinq ans, 150 diplômés au profil littéraire.

Prenez-vous en considération l?ouverture internationale des écoles ?
La dimension internationale est essentielle pour nous : nous avons de nombreux clients internationaux, donc le fait que le candidat ait une véritable expérience à l?étranger est un plus fantastique. Les étudiants partis dans un autre pays ont dû prouver leur agilité à se mouvoir dans un environnement qui n?est pas le leur, tout en s?exprimant en anglais. Ce sont des compétences clés pour nous qui avons des métiers de consultant, avec l?obligation de nous adapter à chacun de nos clients.

Les classements vous servent-ils à élaborer une grille de salaire pour les jeunes diplômés ?
Il faut savoir qu?il existe un salaire déterminé par le marché, par grande catégorie d?écoles. Nous nous alignons donc sur ce salaire. Cependant, chez PwC, ces différences sont vite supplantées et seuls le niveau et la performance- du candidat déterminent sa rémunération au bout de quelques années

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a écrit le 20/09/2017 à 4:24 :
Je rêve d'un challenge ou les établissements s'affronteraient sur leur discipline favorite avec retransmission en live sur le net. , histoire d'avoir un classement irréfutable. Le mythe de certaines écoles risque d'en prendre un sacré coup.
a écrit le 20/09/2017 à 4:18 :
Au moins la directrice du recrutement chez PWC est cash et ne fait pas dans l'hypocrisie. On sait à quoi s'en tenir Il ne manque plus qu'à rayer les mentions " ouvert à la diversité etc)
a écrit le 09/01/2013 à 19:16 :
"les classements internationaux donnent- beaucoup d?importance à la recherche, ce qui n?est pas un critère pour nous". Donc si je comprend bien en France on pense à l'inverse du reste du monde? Sinon vous recruter des gens des universités? Autre que pour faire le café j'entends.
a écrit le 26/11/2011 à 16:07 :
"On trouve de très bons candidats dans toutes les écoles, mais nous préférons recruter dans les écoles bien classées, dont le cursus rassure nos clients"

=> Entendez "il vaut mieux être nul dans une grande école que bon dans une école moins bien classée"

=> Bravo la méritocratie!!

Il qui serait peut-être intéressant d'étudier le classement des performances au sein du cabinet selon école d'origine après 2 ans en cabinet ...
Réponse de le 01/12/2011 à 21:43 :
Salut Jean
En general le plus nul dans une grande ecole a reussi un concours que le bon dans une ecole moins bien classee comme tu dis n'a pas reussi
Réponse de le 02/12/2011 à 20:55 :
Et alors ? Doit on limiter la carrière et le potentiel de chacun à un concours d'entrée, et non pas aux réalisations pendant 5 ans d'études, complétées par des expériences pro de qualité ?

C'est là que le bat blesse pour les top5. Dans peu de temps, ce genre de raisonnement sera gommé par les recruteurs, il n'y a guère que les Big 4 (dont PwC) pour encore raisonner comme vous. Je suis pour l'ouverture à des établissements plus modestes comme les ESC de milieu et bas de tableau (dont les classements n'ont qu'une valeur relative) et certaines post-bac qui recèlent de très bons éléments, mais qui ne sont pas ennorgueillis par leur distinction à un concours de quelques jours sur une scolarité de 5 ans.
Réponse de le 04/12/2011 à 15:00 :
amusant, les mêmes querelles depuis des lustres...
Comme si le mérite ...
Au moins la réussite au concours montre la capacité d'optimiser sa réponse sous un stress intense. Pour ceux qui échouent, le train et passé et ils ne mériteront que le second choix c'est logique : on ne rejoue pas la finale d'un Grand Chelem sous prétexte même qu'un outsider a gagné...
Pas de nerfs, pas de futur.

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