La mobilité internationale pendant les études, passeport pour l’emploi et un meilleur salaire
Raphaël Melka

erasmus étudiante
Reuters
Raphaël Melka

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Passer quelques mois à l'étranger pendant ses études, ce n'est pas qu'une simple découverte culturelle. C'est aussi un vrai atout pour au retour décrocher un emploi plus rapidement et mieux rémunéré, surtout pour les postes de cadre. Une étude du Cereq (Centre d'étude et de recherches sur les qualifications) le confirme : à compétences égales, les employeurs privilégient les candidats ayant vécu une expérience internationale et leur offrent des salaires plus attractifs. Cette prime salariale est particulièrement notable dans trois secteurs : l'ingénierie informatique (5 % de plus), les services administratifs, comptables et financiers, ainsi que la communication et l'information (+7 à 8 %).
En moyenne, ces séjours durent six mois et ont souvent lieu en dernière année d'études. Plus d'un étudiant sur quatre participe à un échange universitaire. Cependant, ce taux varie selon les filières. Moins élevé à l'université, il peut dépasser 80 % dans les écoles d'ingénieurs et de commerce, offrant ainsi à leurs diplômés un avantage sur le marché du travail.
C'est le cas de Nicolas Saintoin, désormais stagiaire chez DNCA Finance. Sa double mobilité étudiante - il a étudié à Shangaï et à HEC Montreal - lui a permis de découvrir la finance, une matière non enseignée dans l'école d'ingénieur française qu'il a décrochée à la fin de sa prépa. Ses deux lignes en plus sur son CV lui sont très précieuses, surtout en considérant l'aspect pécunier. Il est persuadé qu'elles lui donnent des marges de négociation avec les employeurs : « A l'entretien avec le recruteur, je lui ai dit que ceux qui ont le même parcours que moi ont tel salaire, et que je voulais le même. Et maintenant je suis payé trois fois plus que que certains dans ma promo qui sont restés dans l'école pendant quatre ans».
De son côté, Joséphine, (le prénom a été changé) qui travaille désormais dans un cabinet d'avocats d'affaires à Paris, a passé un semestre à l'université Humboldt de Berlin lors de sa troisième année de droit à la Sorbonne. Elle y a développé des compétences relationnelles, linguistiques et techniques en droit allemand et lui a facilité l'accès au marché de l'emploi : « Cette expérience internationale a été un atout majeur au début, car certains cabinets n'embauchent pas sans cela », explique-t-elle. Cependant, ce séjour a aussi eu un revers : «Comme je n'ai pas suivi des matières enseignées en France en dernière année de licence, ça m'a défavorisé dans certaines candidatures en master ».
Si les employeurs valorisent la mobilité internationale, ce n'est pas toujours le cas des établissements d'enseignement supérieur. « En France, la continuité des études est souvent privilégiée, et la mobilité internationale peut être perçue comme une dispersion », explique Arnaud Dupray, chercheur au Cereq. « Pourtant, un séjour à l'étranger est un signal très positif pour les employeurs. »
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Les mobilités internationales les plus valorisées sont généralement les séjours longs dans des pays comme les États-Unis. En termes de reconnaissance salariale, les expériences en dernière année d'études sont les plus avantageuses. « Plus elles sont proches de l'entrée dans la vie active, mieux c'est », précise M. Dupray.
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Les universités multiplient les opportunités (le plus souvent non contraignantes) pour que les étudiants aillent étranger pendant un semestre ou un an. Des possibilités rarement financées en intégralité pour les étudiants les moins riches. Ce qui crée des inégalités : : selon l'étude, si 28 % des enfants de familles cadres partent à l'étranger pendant leurs études supérieures, c'est le cas de seulement 8 % des enfants de familles ouvrières.
Raphaël Melka