Le droti à la colère
Sophie Peters
Sophie Peters
Que disent les séquestrations de cadres dirigeants?? Nouvelle expression de la souffrance au travail, elles signent par leur violence le signe d'une colère. La question n'est pas de savoir si celle-ci est légitime ou non. Elle « est ». Par son existence et sa répétition, elle inquiète certes, mais surtout interroge. Car cette colère c'est aussi la nôtre. Tous, nous en sommes pétris. Sans bien savoir quoi en faire. Notamment dans l'univers du bureau. Or à l'instar des quatre grandes émotions (peur, colère, tristesse, joie) elle a des fonctions spécifiques.
Ainsi la colère sert à mobiliser notre énergie pour faire changer les choses, les comportements des autres ou nos propres comportements qui ne nous conviennent pas. Notre besoin dans ce cas-là est d'être respecté. À l'origine, la colère est donc plutôt une bonne chose. Puisqu'elle signale un problème, une tension. Et vise à le résoudre. À ne pas confondre avec le défoulement ou la violence inutile, qui ont un effet strictement inverse.
D'où l'importance de l'exprimer. Mais comment?? Le hic c'est qu'elle est rarement autorisée. Et nous n'avons pour la plupart d'entre nous pas appris à la gérer. Réprimée chez le petit enfant avec des adages comme « la colère est mauvaise conseillère », « tu es en colère, tu es méchant, pas beau, » etc., chez l'adulte elle se transforme vite en peur. Peur d'être rejeté, de déplaire ou d'être destructif. Or « tout ce qui ne s'exprime pas s'imprime. Tout ce qui est imprimé cherche à s'exprimer », expliquent Simone Mortera et Olivier Nunge dans un petit livre pratique des Éditions Jouvence, « Gérer ses émotions ».
frustration
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