Les institutionnels se sentent davantage concernés par l'ISR

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En Europe, l'enquête annuelle de Novethic révèle que la notion de développement durable mobilise les institutionnels. Mais les pratiques et le champ d'application divergent selon les pays.

Le développement durable intéresse davantage les investisseurs institutionnels, selon l'enquête annuelle de Novethic. Elle mesure les perceptions et les pratiques d'intégration du développement durable ou critères ESG (environnement, social et gouvernance), par les investisseurs institutionnels en Europe. Cette année, elle montre une progression de leur prégnance dans la gestion. Sur un échantillon de 251 institutionnels européens (compagnies d'assurances, fonds de pension, banques, fonds associatifs...) totalisant 7.500 milliards d'euros d'actifs sous gestion, une grande majorité (soit 69 %) déclare en effet intégrer les enjeux ESG. Il existe également un fort consensus (pour 84 % des sondés) sur l'intérêt de ces critères pour les bénéficiaires de ces fonds d'investissement sur le long terme.

Les « zinzins » affichent cependant « des motivations et pratiques très disparates d'un pays à l'autre », selon l'enquête. Ainsi, près de la moitié des répondants mettent en avant « leurs convictions » comme motivation principale. Ils sont ainsi 46 % à penser contribuer à faire émerger ainsi un modèle de développement plus durable. Dans ce cadre, ils sont 28 % à accepter de perdre un peu en performance à court et à moyen terme afin de se prémunir contre les risques de long terme, et 18 % à accepter des performances moindres à court terme afin de faire émerger un modèle économique plus vertueux. A contrario, « l'autre moitié y voit plutôt des bénéfices concrets, comme le fait de protéger sa réputation », avance l'enquête. Un bon quart (26 %) considère même qu'il existe un risque juridique réel à ne pas utiliser les critères ESG.

Il reste cependant encore du chemin à parcourir avant que la démarche ne devienne globale. L'enquête fait apparaître une disparité dans l'utilisation des critères ESG selon les classes d'actifs. Les institutionnels sont 47 % à intégrer l'analyse ESG pour les actions et 37 % pour les obligations d'entreprise, mais seulement 15 % en ce qui concerne le monétaire, 27 % pour les obligations d'État, 20 % pour le non-coté, 24 % pour l'immobilier et 8 % pour les matières premières.

Analystes recrutés

Il existe une assez grande homogénéité dans les sources d'information privilégiées pour mettre en place ces fonds ISR. Les agences de notation spécialisées (38 %) et les sociétés de gestion (31 %) qui ont recruté des analystes spécialisés arrivent en tête, tandis que les « brokers » (courtiers) sont utilisés à la marge par 2 % des sondés au même titre que les organisations non gouvernementales (ONG).

La définition de l'ISR, en revanche, est différente selon les pays. En Allemagne, en Finlande et aux Pays-Bas, les investissements dans les éco-industries sont considérés comme faisant partie du domaine du développement durable (41 % des Allemands, 47 % des Finlandais et 43 % des Hollandais). Au Danemark, l'exclusion de secteurs ou de titres à risque est très pratiquée et concerne une majorité d'investisseurs (53 %). Le Royaume-Uni se caractérise par un engagement actionnarial très fort mis en avant par 77 % des sondés. Enfin, dernier exemple, l'investissement dans la micro-finance est aussi très développé en Hollande (soit 32 %) par rapport aux autres pays. La différence entre les déclarations et la réalité est également notable à travers les encours gérés ISR. Selon Eurosif, fin 2009, les encours ISR pour les pays dans lesquels ils sont le plus développés s'élèvent à 143,9 milliards d'euros au Danemark et 130,1 milliards d'euros aux Pays-Bas. À l'inverse, ils ne sont que de 13,1 milliards d'euros en Italie et de 12,9 milliards d'euros en Allemagne ! Les marges de progression sont donc encore importantes.

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