La Chronique de Marc Fiorentino. Les Français ne croient plus au système de répartition pour assurer leur retraite
Marc Fiorentino

Découvrez la nouvelle chronique de Marc Fiorentino.
LTD/Fabien Clairefond
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C'est simple. Très simple. Et pourtant nous n'arrivons pas à nous mettre d'accord. La situation de notre système de retraite par répartition est du niveau d'un problème pour enfant de CM1. Une règle de trois : si l'âge de départ à la retraite était de 65 ans quand l'espérance de vie était de 65 ans en 1945, quel devrait-il être en 2025, quand l'espérance de vie est de plus de 80 ans ?
Pas question bien sûr d'imposer de travailler jusqu'à 80 ans, mais de plus en plus de pays soumis, comme nous, à une baisse de la natalité et bénéficiant d'une espérance de vie élevée, réduisant ainsi drastiquement le nombre d'actifs finançant un nombre grandissant d'inactifs, optent pour une retraite à 67 ans, voire 70 ans. Et en France, certains militent encore pour la retraite à 60 ans.
Le conclave a donc échoué. L'initiative de François Bayrou s'est soldée par un échec. Par un désaccord entre le patronat et les syndicats. Alors que notre système de répartition prend l'eau de toutes parts, l'orchestre politique du Titanic continue à jouer la même partition. Une partition dévastatrice. Une fois de plus, l'absence de consensus social bloque toute avancée et freine le redressement de notre économie et de nos finances publiques.
Le Premier ministre tente encore de sauver un accord et son poste par la même occasion, mais les Français ne croient pas à l'avenir de notre système de retraite. La preuve ? Un nouveau record historique pour le taux d'épargne des Français hors période Covid. Les ménages français épargnent 18,8 % de leur revenu disponible. Des chiffres qui nous mettent en bonne place sur le podium mondial.
Les Français ont opté par une retraite par capitalisation sans attendre que les politiques aient le courage de l'imposer. C'est à la fois une bonne et une mauvaise nouvelle. Une bonne nouvelle car ils se garantissent, quand ils en ont les moyens, un avenir financier ; une mauvaise car cette épargne record freine la consommation et donc pèse sur l'économie et la croissance. Or notre croissance est en berne, plombée par une faible confiance des ménages dans l'avenir.
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La retraite par capitalisation n'existe pas encore. Mais la retraite par l'épargne est déjà massive.
Nous n'avons pas de fonds de pension à l'américaine, mais nous avons l'acquisition de la résidence principale, la plus importante « épargne retraite », l'assurance-vie et bien sûr le plan épargne retraite (PER). Intéressant de voir d'ailleurs que l'âge moyen des détenteurs de PER baisse régulièrement tant est grande l'incertitude quant à l'avenir du système de retraite. Il ne s'agit plus d'un sujet de préoccupation des salariés les plus âgés, mais d'un sujet de préoccupation générale.
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Tant que l'État ne saura pas gérer ses finances, tant que des décisions courageuses ne seront pas prises, nous devrons donc continuer à agir de façon autonome, comme nous le faisons déjà. Et nous disposons des placements et des incitations fiscales nécessaires pour le faire. Alors continuez à épargner, vous n'avez pas le choix.
Marc Fiorentino
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