Un arrimage à l'euro coûterait son indépendance monétaire à Berne

Les marchés spéculent depuis des jours sur ce scénario.

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La Suisse ira-t-elle jusqu'à arrimer sa devise à l'euro, la monnaie de son principal partenaire commercial ? Alors que les dégâts économiques du « franc suisse fort » commencent à se faire sentir, les autorités helvètes subissent pour l'instant la pression des marchés. Ce mercredi, la Banque nationale suisse (BNS) a eu beau annoncer son troisième assouplissement de politique monétaire en deux semaines, l'absence d'annonces claires sur un arrimage à l'euro a déçu les marchés, et la monnaie suisse est repartie de l'avant après 5 jours de baisse.

Dans un contexte d'inquiétudes sur la santé de l'économie mondiale, le franc joue à plein son rôle de valeur refuge. Bien que la BNS ait ramené la fourchette de fluctuation de son taux directeur entre 0 % et 0,25 % le 3 août, pour diminuer l'attractivité de sa monnaie, puis inondé de liquidités le marché monétaire en francs, rien n'y fait, ou presque. Seules les « mesures temporaires qui influencent le taux de change » évoquées le 11 août par le vice-président de la BNS, Thomas Jordan, avaient permis au franc de s'éloigner des records atteints le 9 août face à l'euro et au dollar.

« L'arrimage du franc à l'euro se heurterait à de grandes difficultés », souligne dans une note la Fédération des entreprises suisses. « En 2009 et 2010, la BNS est intervenue massivement sur le marché des changes en achetant des euros », sans parvenir à « empêcher le raffermissement du franc », écrivent les auteurs. Avec à la clef 21 milliards de dollars de pertes pour la BNS...

Via la mise en oeuvre des taux d'intérêts négatifs et des achats sur le marché des changes, la BNS avait déjà tenté sans succès de stabiliser le taux de change du franc en 1978, quand la monnaie helvète avait bondi face au deutsche mark. Selon la Fédération des entreprises suisses, le succès d'un arrimage coûterait cher en termes d'indépendance. « L'arrimage à l'euro ne fonctionnerait que si les marchés étaient convaincus de son caractère permanent. (...) La Suisse devrait conclure un accord avec la BCE, comme l'a fait le Danemark, et renoncer à une politique monétaire autonome. »

 

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