Pour la Guadeloupéenne, l'important n'était pas de participer, mais de gagner. Elle n'était pourtant pas attendue malgré son classement de troisième mondiale. Mais peu importe, la Guêpe a su piquer dare-dare et par surprise ses adversaires. En ce mois de juillet 1996, sous le cagnard d'Atlanta, Laura Flessel entre dans l'histoire des Jeux olympiques avec un doublé en or. À 24 ans, elle devient alors la première championne olympique d'épée dame et championne olympique par équipe. Elle remportera trois autres médailles aux JO de Sidney et d'Athènes avant de devenir en 2017 la première ministre des Sports du gouvernement Macron.
Comme c'est ma première apparition aux Jeux, personne ne m'attend. La pression, je me l'impose toute seule. Quand je découvre le village olympique, je ressens une forte adrénaline, une excitation inexplicable. Puis c'est le retour à la réalité car ici, il n'y a pas de place pour les sentiments : je suis là pour la compétition. Et comme à chaque épreuve, je cherche à minimiser les surprises, à anticiper. J'ai toujours un cahier avec moi dans lequel je mets des mots sur mes doutes, mes angoisses, mes appréhensions. Écrire m'aide surtout à me contrôler car j'ai le syndrome de la bonne élève. À force de vouloir être la première en tout, je deviens mécanique et ça peut me porter préjudice. Je suis une sanguine, une épicurienne, une passionnée. Je suis tellement focalisée sur la stratégie que j'en oublie la peur. Je n'ose pas le dire de crainte d'être perçue comme quelqu'un de prétentieux. Je reconnais que j'ai une personnalité très structurée, du genre bête et méchante. J'ai véritablement besoin d'un cadre pour aménager mon temps. Celui pour la compétition, celui pour moi et celui destiné aux autres. Je sens bien que ma singularité fait mouche auprès de mes concurrentes.