Final Four de handball féminin : l’Europe parle français

Chloe Valentini lors du match de la Ligue Butagaz Energie entre Metz et Brest au Palais Omnisports les Arenes, le 3 mai 2026.
LTD/Sandra Ruhaut/Icon Sport

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Il y aura plus d’internationales françaises au Final Four de la Ligue des champions, le week-end prochain à Budapest (Hongrie), qu’à un stage à la Maison du handball. Pour la première fois, les locomotives de la Ligue féminine (LFH), Metz et Brest, vont s’y retrouver. Le club lorrain fournit neuf joueuses à la sélection, son rival finistérien, huit. Ce dernier jouera sa demi-finale contre le double tenant du titre, Györ, où évolue la gardienne Hatadou Sako – ainsi que la capitaine des Bleues, Estelle Nze Minko, enceinte de son premier enfant. « Hatadou avait fait le spectacle l’an dernier », se souvient Sébastien Gardillou, nommé sélectionneur après les Jeux olympiques de Paris.
Invité à passer en revue le contingent bleu, l’ancien adjoint d’Olivier Krumbholz a relevé en premier la présence de trois gardiennes. À Brest, Camille Depuiset fait équipe avec Floriane André, déterminante en quarts de finale face aux Roumaines de Bistrita, et qui présente « de réelles aptitudes à faire basculer les matchs ». Y a-til une école française ?
Plutôt un virage récent, avec l’intégration en mars 2023 d’Amandine Leynaud au staff de l’équipe de France, un atout pour « l’identification des profils » et « la formation des talents », relève Gardillou, qui a fait de la championne olympique de Tokyo son adjointe. En parallèle, des clubs de l’élite ont engagé un travail « énorme » pour améliorer la préparation physique des spécialistes. À la fédération, où une réflexion est engagée depuis des mois sur ce poste stratégique, on assure voir déjà une différence.
Celui de demi-centre l’est également et Léna Grandveau, 23 ans, meilleure jeune handballeuse du monde en 2023, a atteint « une forme de plénitude » pendant cette campagne européenne. À ses côtés, Lylou Borg, trois ans de moins, propose « des solutions et des alternatives précises ». À Brest, cette fois, l’ailière gauche Kiara Tshimanga, 23 ans également, a « très bien géré » la transition depuis Besançon. Le sélectionneur la considère comme « une arme de plus en plus performante ». Ces trois joueuses nées après 2002 profitent d’une politique fédérale et, en même temps, l’inspirent. « Les meilleurs clubs de LFH ont fait le choix de la formation, couplée au travail des pôles espoirs, synthétise l’ancien entraîneur de Metz et Nice. Sans ces projets ambitieux, l’équipe de France se retrouverait en difficulté. »
Mi-mai, la JDA Dijon a remporté la Ligue européenne avec trois néo-internationales (Nina Dury, Maureen Gayet et Lilou Pintat) dans ses rangs. Un rebond « incroyable » de la part d’un club moribond il y a quelques années. Un encouragement à relativiser : d’autres formations de l’élite ont succombé à leurs difficultés.
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Médaillé de bronze aux derniers championnats du monde avec la plupart d’entre elles, Sébastien Gardillou note avec satisfaction que « donner de l’espace à des joueuses du cru n’est pas un frein aux résultats ». Au contraire, ces jeunes filles « atteignent plus vite la haute performance ».
La prochaine étape ? « Être déterminante dans les matchs les plus relevés de l’année. » Avant de croiser le fer contre l’élite continente en demi-finales, plusieurs internationales ont validé une étape importante aux yeux du technicien périgourdin : la stabilisation. C’est le cas de Sarah Bouktit, meilleur pivot du Mondial 2025, et de l’ailière droite Lucie Granier, « deux valeurs sûres » des Dragonnes de Metz ; ainsi que de la demi-centre brestoise Méline Nocandy, revenue « en force » sur la fin de la saison.
Le même constat vaut pour Chloé Valentini, qui a retrouvé ses coéquipières en janvier, un peu plus de trois mois après la naissance de son premier enfant. Puis l’équipe de France en mars. Sébastien Gardillou a trouvé « un esprit de compétitrice intact » à son ailière, « capable de défendre durement et d’imprimer un rythme élevé ». Avec l’autre maman des Dragonnes, Laura Schneider, prête à reprendre après une parenthèse de quatorze mois, c’est un profil rare d’arrière droite gauchère qui entrevoit le toit de l’Europe. Avec elle, toutes les positions seraient couvertes, sur le papier, à Budapest. Sébastien Gardillou en salive déjà, peut-être, en pensant au groupe qu’il pourrait assembler pour le prochain grand rendez-vous des Bleues, l’Euro (du 3 au 20 décembre).
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