La sélection culture à picorer cette semaine
Éric Mandel et Aurélien Cabrol
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Avec 127 000 spectateurs, l’édition 2023 avait établi un record de fréquentation.
© LTD / A.STOLARCZYK/Cabaret Vert
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Avec 127 000 spectateurs, l’édition 2023 avait établi un record de fréquentation.
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Toujours moins de carbone mais encore plus de musique(s). Fidèle à son éthique de festival écoresponsable, le Cabaret Vert prend ses quartiers à partir de jeudi au cœur de Charleville-Mézières et au bord de la Meuse, dans l'immense friche industrielle de l'Usine La Macérienne, sur le site Bayard. Créé en 2005 par une poignée de passionnés pour redynamiser un territoire frappé par la crise industrielle, le Cabaret Vert s'est imposé comme la plus grande manifestation de musiques actuelles du Grand-Est, avec quelque 127 000 festivaliers l'année dernière. Côté musique, la programmation s'annonce copieuse pour un festival associatif et indépendant. Au menu, des têtes d'affiche internationales (PJ Harvey, Korn, The Libertines...), des pointures françaises (Ninho, Shaka Ponk, Justice...) et une moisson de jeunes talents à découvrir (les rappeurs 21 Savage, Tif, Yamê...). De quoi festoyer sans exploser son bilan carbone. Car le succès s'est accompagné d'une politique vertueuse pour réduire l'impact environnemental du festival - tri et recyclage des déchets en énergie verte, développement de la mobilité dite « douce » (navettes, TER...), circuits courts pour le matériel et l'alimentation, exclusivement locale... Au Cabaret Vert, les grandes marques industrielles (Coca, Red Bull, Heineken...) sont strictement bannies au profit d'une sélection de bières (une soixantaine !) et de produits du terroir (alimentation 50 % végane, 50 % carnée). Une démarche saluée l'année dernière par l'organisation européenne A Greener Future, qui a décerné au grand raout ardennais la certification de festival écoresponsable (avec son cousin parisien We Love Green). E.M
Le Cabaret Vert, de jeudi à dimanche à Charleville-Mézières (Ardennes).
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Présenté lors du dernier Festival de Cannes, Le Roman de Jim, le nouveau film écrit et réalisé par Arnaud et Jean-Marie Larrieu, y fit tellement sensation que nombreux sont ceux qui regrettèrent son absence de la compétition officielle. Les deux frères racontent ici l'histoire d'Aymeric (Karim Leklou) qui a élevé pendant huit ans avec Florence (Laetitia Dosch) Jim, le fils qu'elle a eu avec Christophe (Bertrand Belin), jusqu'au jour où ce dernier revient pour emmener son fils et sa mère à Montréal durant quinze ans. Aymeric, passant alors du statut de père adoptif à simple « parrain », vit cette situation comme une « descente en deuxième division », selon sa propre expression. Le film se concentre avec justesse et sensibilité sur ce déclassement, pour ne pas dire cet effacement. Absolument idéal dans le rôle de cet antihéros, Karim Leklou prouve une nouvelle fois sa belle capacité à incarner un personnage du quotidien. Le film aurait pu s'en tenir paresseusement au portrait de cet homme pris au piège de l'égoïsme de ceux qui l'entourent. Mais les Larrieu n'hésitent pas à offrir une voire plusieurs chances à cet « homme sans qualités » définitivement sympathique. Sa relation avec une prof de lettres fan de techno en fait ainsi partie. À l'instar des paysages du Haut Jura que les deux cinéastes filment amoureusement et à l'image des photographies en argentique qu'Aymeric ne cesse de prendre, Le Roman de Jim se déploie comme le récit d'une vie au parcours sinueux mais que la grâce finit par effleurer. A.C
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