Fascinante Lee Miller. D'abord mannequin pour le magazine Vogue, elle y devient photographe de mode. On est dans l'Amérique des années 1920, Elisabeth devient Lee, prénom épicène grâce auquel elle peut exister dans l'univers très masculin de la photographie.
Plus tard, à Paris, elle travaille avec Man Ray dont on dit souvent qu'elle fut la muse. Pourtant, c'est bel et bien ensemble qu'ils créent le phénomène de solarisation qui fit le succès des œuvres de Man Ray. Épisode d'une vie superbement évoqué dans la pièce de théâtre de Benoît Pernin Détachée... mais pas indifférente, dont le texte est paru ce printemps aux éditions Maïa. À son retour à New York en 1932, elle monte son propre studio et connaît de nombreux succès avant d'épouser un riche homme d'affaires égyptien et de s'installer en Égypte. Elle poursuit néanmoins la photographie lors de ses voyages. Au cours de l'un d'eux, elle rencontre l'artiste anglais Roland Penrose. Devenus amants, ils traversent la France et décident de s'arrêter à Hauterives pour y visiter l'extravagant Palais idéal du facteur Cheval, où Lee Miller réalise une série de clichés. Ses photos, prises pendant l'été 1937, y sont actuellement exposées pour la première fois. En regard, les œuvres de l'artiste Claire Tabouret leur répondent tout en douceur, comme un hommage aux femmes, à la liberté et à Lee, notamment avec deux autels qui lui sont consacrés.