Livres : la sélection poche de l'été
Olivier Mony et Aurélie Marcireau
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Deux ans après la mort de Melissa Bank, réédition de son chef-d'œuvre, Manuel de chasse et de pêche à l'usage des filles. Woody Allen n'aurait pas fait mieux.
On appelle ça de la « chick lit ». Littéralement, de la littérature pour poulettes. Sauf qu'il y a en général dans les livres considérés comme appartenant à ce sous-genre plus de basse-cour que de littérature... Plus de poussives recettes supposément commerciales que l'évidence d'une inspiration, d'un regard singulier porté sur le monde. Toute règle, toutefois, mérite son exception. Celle-ci s'intitule Manuel de chasse et de pêche à l'usage des filles et son autrice, Melissa Bank (1960-2022), maraude moins sur les chemins balisés des dossiers « sexo » des magazines féminins que vers les œuvres douces-amères d'un John Cheever, d'un Raymond Carver, voire, car le livre est très drôle, d'un Woody Allen.
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Ce serait donc l'histoire d'une femme. De l'adolescence jusqu'à la maturité. De ses accomplissements, ses échecs, ses doutes, sa vie sentimentale (surtout), mais aussi familiale et professionnelle, dans le New York de la fin du siècle dernier et dans un milieu fascinant et féroce, l'édition. Jane Rosenal, tel est le nom de l'héroïne de ce roman dont chaque chapitre peut se lire comme une nouvelle, ratiocine, procrastine, les hommes lui sont un dérangement considérable, ses désirs un horizon toujours lointain. Les saisons passent sur Manhattan, elle va de réceptions en séjours à la campagne, de week-ends chez ses parents en désillusions sentimentales. Elle voudrait peut-être écrire, elle ne fait que lire (mais on la paie pour ça). Elle laisse des ardoises et des regrets. Elle en fait tout de même son affaire. Le lecteur aussi.
Olivier Mony et Aurélie Marcireau
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