[TUP 2015] Réformer la France par le bas : c'est possible !
Stéphanie Borg
Stéphanie Borg
Michel Godet, économiste, auteur de nombreux ouvrages ne mâche pas ses mots sur le plateau de TLM. Dès la première question des animateurs du débat organisé le 30 novembre dans le cadre du cycle de conférences Toit un Programme 2015 - Jean-Pierre Vacher pour TLM et Denis Lafay pour Acteurs de l'économie -, il fustige les fonctionnaires, "ceux qui imaginent "d'en haut" des choses qui ne marchent pas" au lieu de s'inspirer des initiatives positives émanant des territoires.
"On ne peut apprendre le monde dans les livres", poursuit le vice-président de la Fondation du Futur qui imagine un système vertueux où, comme en Suisse, les élus ne sont pas rémunérés, obligés de conserver leurs propres activités professionnelles pour conserver un pied dans la réalité. Voire en s'inspirant de la Grande-Bretagne, "où il est interdit d'être un fonctionnaire élu", selon l'économiste.
Frédéric Maurel, directeur Rhône-Alpes Auvergne de Mazars (crédit : Laurent Cerino/ADE)
La réforme territoriale, effective au 1er janvier 2016, est un bon exemple.
En réalité, elle a donné lieu, parce qu'elle n'a pas été décidé "en tenant compte des réalités du terrain" à des inégalités de traitement entre les régions. "Si Auvergne grimpe sur les épaules du géant rhônalpin, la région Est devient un mastodonte, deux fois plus grand que la Belgique, difficile à manier", explique Michel Godet. "Il faudra du courage politique pour ne pas, au final, additionner les coûts", martèle Frédéric Maurel.
Michel Godet ne réfute pas le système dans son ensemble. Il préconise un changement de paradigme.
Michel Godet, économiste (crédit : Laurent Cerino/ADE)
Comme en témoigne Olivier Marion, directeur Rhône-Alpes du Cnam :
Car le territoire, a fortiori s'il est plus petit (donc plus agile) n'est pas un handicap pour se développer. "C'est la dynamique de l'entreprise qui fait la différence", souligne Michel Godet.
Frédéric Maurel confirme:
Pour réformer, les intervenants préconisent l'expérimentation.
Olivier Marion, directeur Rhône-Alpes du CNAM (crédit : Laurent Cerino/ADE)
Au droit à l'expérimentation, Michel Godet ajoute la nécessité d'évaluer les mesures et le droit à la comparaison.
Malgré ce sombre tableau, la confiance reste de mise.
Optimisme, Olivier Marion souligne que l'homme est "ingénieur de soi, doté d'un potentiel fabuleux pour l'innovation". Tout est une question de maturité. "Mais plus on changera vite, mieux ce sera pour le pays", conclut Michel Godet.
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