Les enjeux de notre fiscalité, l'analyse de Raphaël Piastra

Raphael Piastra
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Cette taxe coûte environ 1 100 euros par foyer dans les grandes villes (2). Selon le projet d'Emmanuel Macron, les contribuables dont le revenu fiscal n'excède pas 20 000 euros seront dispensés de ladite taxe. Environ 20 millions de français, soit 80 % des ménages, seraient ainsi exemptés. Le coût pour l'État sera de 10 milliards d'euros compensés par des économies sur les dépenses publiques. C'est dès 2018 que le système se mettrait en place. 20 % de personnes (environ 5,5 millions de foyers) continueront à payer cette taxe.
Ce projet séduit la majorité des contribuables, mais il inquiète les élus locaux. Même si le président de la République s'est engagé à compenser leur manque à gagner, certains d'entre eux redoutent que cette compensation ne se transforme en une dotation (par définition supprimable ou "diminuable").
Le candidat Macron proposait une mesure fiscale favorisant le travail. "L'esprit c'est que le travail doit payer", disait-il. D'où la volonté d'offrir plus de pouvoir d'achat aux revenus les plus modestes. Le président élu souhaite baisser les charges sociales payées par les salariés en faveur de l'assurance chômage et de l'assurance maladie. En raison notamment du nombre de chômeurs lesdites charges sont toujours à la hausse (3). Cette baisse est annoncée à hauteur de 20 milliards d'euros.
La contrepartie sera une augmentation de la CSG (4). Cette hausse pèsera sur tous les citoyens à l'exception des chômeurs et des retraités les plus modestes. Selon le gouvernement Philippe, il y aura un point d'équilibre entre la baisse des charges et l'augmentation de la CSG. Cette mesure va avantager les salariés. Ainsi une personne au SMIC verra son pouvoir d'achat augmenter d'environ 255 euros par an.
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Pour les salariés plus aisés, cet avantage sera soumis à une augmentation de la CSG (5). Les principaux économistes estiment que la hausse de ladite CSG préjudiciera aux 60 % des retraités aisés qui paient déjà le taux plein (8,5 %) de cette cotisation (6). D'autant que, retraités, ils ne bénéficieront pas, par définition, de l'augmentation du salaire. Le gouvernement assume son choix en estimant que les seuls salariés aisés ne doivent pas supporter l'effort pour financer la solidarité nationale. Il s'avère que les retraités aisés ne sont pas les seuls perdants. Ainsi les entrepreneurs le sont aussi. Le projet sera donc revu d'ici la fin de l'année par les services de Bercy.
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