Olivier Sadran : " À Toulouse, on cumule un certain nombre de désavantages "

Pierrick Merlet
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Le président du TFC Olivier Sadran
Rémi Benoit

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Le président du TFC Olivier Sadran
Rémi Benoit
Investissons-nous dans le sport comme on investit dans une entreprise classique ?
Sur le plan technique, c'est exactement la même chose. Après, je ne conseille pas le terme investir. Qui dit investissement dit retour. Là pour le moins c'est un peu plus complexe, surtout à Toulouse, ce qui n'est pas le cas partout. On le fait quand on a une assise financière suffisante pour être capable d'en porter les conséquences dans les moments difficiles, sinon on se retrouve en dépôt de bilan comme en 2001. On le fait parce qu'on y retrouve une certaine forme de plaisir qui peut s'atténuer au fil des années, surtout quand vous n'avez que très peu de soutien de certains acteurs locaux comme c'est le cas pour l'ensemble du sport professionnel aujourd'hui à Toulouse. Lorsque tous les ans vous avez un déficit structurel hors transfert de l'ordre de 6 à 8 millions d'euros et qu'il faut porter la trésorerie, l'intérêt économique est moindre.
Beaucoup d'anciens propriétaires de club ont fait machine arrière en expliquant que le football n'est pas un business rentable en France. Qu'en pensez-vous ?
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C'est très difficile de trouver un modèle économique viable mais cela existe. Tous les grands clubs en Europe sont rentables voire excessivement rentables malgré des investissements monstrueux. C'est vrai qu'ici, on cumule un certain nombre de désavantages. À commencer par un support très faible, de la part de nos institutionnels économiques, en tout cas pour le football, comme l'aéronautique qui ne souhaite pas nous soutenir. Mais c'est une politique d'entreprise respectable. Il y a un tissu de PME qui n'est pas d'une aussi forte densité qu'à Lyon. Ensuite, on a un outil (le Stadium, ndlr) qui date de 1938 et qui a été rénové, à l'occasion de l'Euro 2016 contre 60 millions d'euros, pour faire des concerts mais cela n'a rien changé concernant le stade en lui-même. Il y a moins de places, il pleut toujours sur les dix premiers rangs et surtout on n'a pas travaillé l'un des problèmes majeurs : l'accessibilité. Je crois que les gens aiment leur club de football, mais s'il faut deux heures pour aller au stade et deux heures pour en repartir, ce n'est plus la norme.
Pierrick Merlet