Ligne après ligne, ils ont rempli leur carnet d'adresses avec les noms des personnalités les plus influentes lorsqu'ils ont été ministres, ambassadeurs, conseillers techniques dans l'Hexagone ou sur le Continent. Que ce soit dans les allées des centres de pouvoir ou sur les marches des palais présidentiels qu'ils ont empruntées de par leur fonction, ils ont une connaissance pointue du secret des grands dossiers et des personnalités. Désormais affranchis de leurs responsabilités décisionnelles, ils ont...Pour certains, c'est la « planque » idéale après une retraite ou une mise à la retraite des fonctions officielles, une niche où ils peuvent amasser un véritable pactole, rien qu'en fournissant... des conseils. Une activité devenue l'ouvrage d'anciens chefs d'Etat ou de gouvernement, ministres, députés, sénateurs, maires...
Dans l'industrie concurrentielle du conseil, le règne des cabinets est quelque peu bousculé par ces nouveaux arrivants qui se lancent dans le lobbying, le consulting, avec l'Afrique comme nouvelle terre de reconversion professionnelle. Ces personnalités issues de la politique ou de l'économie (lire portraits) ont fait de leur auréole politique et médiatique, leur expérience des affaires, leur connaissance des dossiers et du dispositif humain, des leviers au service de la réorientation momentanée ou définitive de leur carrière.
Dix fois plus surcotés
Toujours pressées entre deux avions entre Paris et une capitale africaine, elles murmurent à l'oreille des états-majors des pays, des capitaines d'industrie, des investisseurs à la recherche de nouveaux marchés ou de simples opposants politiques soucieux de faire entendre leur cause à travers le monde. Ces « clients » comptent bien bénéficier de la cote d'influence, de leur capacité à les brancher sur des réseaux très select mais aussi d'un atout marketing majeur. En échange, ils acceptent de signer des chèques d'honoraires dix fois plus élevés que la fourchette de 600 à 2000 euros/heure pratiquée sur le marché. Entre les honoraires fixes et les variables, la facture globale pour s'attacher les services d'un lobbyiste coté peut affoler les cabinets. Ce n'est plus de la rémunération, c'est de la surcote.
« Le principal intérêt visé par ceux qui font appel aux ex-personnalités politiques est le carnet d'adresses. Plus le secteur concernera des décideurs politiques ou la sphère institutionnelle publique, plus l'attrait pour le politique sera fort », développe Delali Attiopou, consultante en stratégie. « Il y a parmi eux, ceux qui se servent de leurs carnets de visite pour monnayer des conseils hors-sol en Afrique. Leur quotient crédit tient à la fois du déploiement de leur carnet d'adresses, de la mise en scène permanente de leur influence et aussi de moyens de pression », renchérit un consultant bien établi à Paris.