Maguelone Pontier, l'étoile montante de Toulouse

Pierrick Merlet

Maguelone Pontier était l'invitée de La Matinale de La Tribune, mardi 17 septembre à Toulouse.
Rémi Benoit

Pierrick Merlet

Maguelone Pontier était l'invitée de La Matinale de La Tribune, mardi 17 septembre à Toulouse.
Rémi Benoit
Tout a débuté très tôt pour Maguelone Pontier. En pleine adolescence, alors âgée de 16 ans, la fille de parents agriculteurs dirige une équipe composée d'une quinzaine de personnes dans l'exploitation familiale à Fabrègues (Hérault). Autant d'années plus tard, elle est aujourd'hui la directrice générale du Marché d'intérêt national de la Ville rose, surnommé "le ventre de Toulouse". Malgré son amour pour l'agriculture et la terre, elle a, au départ de sa jeune et riche carrière, un rêve professionnel particulier. Celui de diriger une maison de retraite.
Son parcours prend alors une toute autre tournure. Une fois installée à Paris, elle devient assistante parlementaire de son oncle, le sénateur du Loiret, Jean-Pierre Sueur. Elle décroche même un poste de chargée de communication auprès du ministre de l'Agriculture de l'époque, Michel Barnier, avant d'occuper cette même fonction au sein du syndicat de la FNSEA.

Maguelone Pontier est en poste depuis deux ans à Toulouse. (Crédits : Rémi Benoit)
Au sein de cette puissante organisation, elle est très vite remarquée pour ses capacités par le président de l'époque, Jean-Michel Lemétayer. La complicité professionnelle est telle entre les deux que ce dernier va entraver le règlement interne qui refuse qu'une fille de syndicaliste (son père l'était, ndlr) soit embauchée au siège de la FNSEA. "Il a été le premier à faire bouger les lignes", dit celle qui devient alors sa conseillère. Mais le départ de Jean-Michel Lemétayer au profit de Xavier Beulin en décembre 2010 change la donne et elle propose ses services au marché de Rungis. Encore une fois, son talent lui fait prendre de l'importance et on lui propose en 2017 de devenir la directrice générale du MIN de Toulouse.
Ce dernier est alors endetté à hauteur de 24 millions à cause d'une gestion publique désastreuse et Toulouse Métropole décide de lancer un appel d'offre pour passer sa gestion en délégation de service public à des professionnels du marché de gros. C'est le groupement Lumin'Toulouse, composé de la Semmaris (gestionnaire du marché de Rungis), du groupe La Poste et de la Caisse d'Épargne Midi-Pyrénées qui a remporté l'appel d'offres pour reprendre sa gestion.

La dirigeante est parvenue à faire renaître le Min local. (Crédits : Rémi Benoit)
Grâce à une remise à plat totale, des opérations de communication mûrement réfléchies (installation de l'école de cuisine du chef étoilé Thierry Marx, accueil de ruches, et lancement d'un grand salon autour de la filière agroalimentaire notamment) et "de grandes convictions", sa méthode fait mouche. La dirigeante est parvenue à faire passer le chiffre d'affaires de 333 millions d'euros en 2017 à 408 millions d'euros fin 2018, tout en sortant de ses murs 227 000 tonnes de marchandise l'an dernier, malgré "un contrat de DSP très contraignant".
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Malgré le manque d'espace, elle a plusieurs projets pour le Min de Toulouse.
Devant tant de succès dans sa méthode, sa réussite n'a pas manqué d'attirer les convoitises, notamment politiques. Mais ce milieu ne l'intéresse pas pour le moment malgré son "admiration" pour les élus.

Elle rejette tout engagement politique pour le moment. (Crédits : Rémi Benoit)
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En parlant d'engagement, la jeune femme est en train de reprendre l'exploitation familiale avec sa sœur, tout en suivant un master sur le marketing du vin à la Toulouse Business School. Mais se lancer dans un marché fortement concurrentiel comme celui de la viticulture ne lui fait pas peur, à l'image de sa position sur le Ceta, le traitée libre-échange entre l'Union européenne et le Canada et décrié par la filière agricole française.
Une position qui risque d'en faire réagir plus d'un.
Pierrick Merlet