COP21 : pourquoi TSE défend la création d'un marché mondial du CO2

Florine Galéron
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Florine Galéron
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune
À cinq mois du coup d'envoi de la COP21, 38 économistes viennent de signer l'appel pour "un accord ambitieux et crédible sur le climat" parmi lesquels figurent des économistes reconnus dans le monde entier tels que le prix Nobel d'économie Jean Tirole ou le Français Philippe Aghion, professeur à Harvard. L'initiative a été lancée par la chaire Économie du climat de Paris-Dauphine (CEC) et la Toulouse School of Economics (TSE), l'école d'économie toulousaine. Les deux établissements ont mis en ligne un site internet commun pour recueillir davantage de signatures.
Pour le directeur de TSE, Christian Gollier, un "marché mondial du carbone" est indispensable pour taxer les pollueurs. Explications.
Pourquoi défendez-vous l'instauration d'un prix mondial du carbone ?
L'idée est d'appliquer le principe du pollueur-payeur : "vous polluez, vous payez". En cas de besoin, les entreprises peuvent acheter des permis d'émission de gaz à effet de serre (dont le prix est fixé suivant la loi de l'offre et de la demande, NDLR). Les sociétés réduisant leurs émissions de CO2 peuvent à l'inverse vendre des permis à polluer. L'efficacité de ce système a été démontré suivant plusieurs modèles économiques : quand vous ne payez pas pour les dommages que vous causez, vous avez tendance à exagérer ces dommages. Aujourd'hui, les citoyens gaspillent le CO2 car ils n'en payent pas le prix réel. Instaurer un prix mondial du carbone obligerait à tenir compte des dommages engendrés par la pollution.
À lire également
Les bases du marché du carbone ont été posées lors du protocole de Kyoto en 1997. Le prix de la tonne carbone était fixé à 30 euros. Seuls les Européens ont mis en place un tel système et les prix ont tellement chuté que la tonne de CO2 vaut aujourd'hui entre 5 et 7 euros sur le marché européen. Certaines organisations écologistes comme Attac demandent l'abandon pur et simple de ce système...
Quand les Européens ont mis au point ce système, ils pensaient que les Américains, les Australiens, les Japonais, les Chinois allaient faire un système similaire et contribuer à l'effort européen. Mais, très rapidement, les Européens se sont aperçus qu'ils étaient seuls à réaliser cet effort. Pire, les entreprises pénalisées ont délocalisé leurs emplois. In fine, le système est coûteux pour l'Europe. Le marché a fini par baisser les bras et le prix du carbone s'est mis à chuter. Le système en tant que tel marche très bien sauf que la mise en œuvre en Europe n'a pas fonctionné.
Florine Galéron
À Toulouse, la French Tech revoit sa copie et veut gagner des adhérents
Christian Picollet (Safran) succède à Magali Vaissière à la tête de l'IRT Saint-Exupéry
Rugby à 13 : « Mon challenge est de professionnaliser le club » (Olivier Dubois, nouveau président du Toulouse Olympique XIII)
Enfouissement de CO2 : un Toulousain dans le giga-projet norvégien