Les 40 qui font Toulouse (2/7) : les "trublions"
Ferdinand Kerssenbrock
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©photo Rémi Benoit
C'est peu dire que Jean-Louis Chauzy représente le Ceser. L'ancien syndicaliste CFDT y siège sans discontinuer depuis trente-trois ans et préside l'assemblée consultative régionale depuis... vingt-quatre ans. Président du Conseil économique, social et environnemental régional de Midi-Pyrénées depuis 1992, il s'est imposé en janvier dernier à la tête de la nouvelle assemblée d'Occitanie. Ne dites surtout pas à Jean-Louis Chauzy qu'il préside une assemblée de sages. Sous ses dehors affables, le natif de Rodez (où il siège au conseil municipal et comme vice-président de l'agglomération) est connu pour ses coups de gueule. Élu pour donner son avis, il ne manque jamais une occasion de le faire. Désertification médicale, LGV, Idex, les sujets ne manquent pas... La parole est toujours franche et directe. "Les universités toulousaines doivent se ressaisir !", alerte-t-il au sujet de l'Idex, alors que le gouvernement donne un sursis de dix-huit mois à Toulouse pour présenter une nouvelle copie.
À l'occasion du choix du nom de la nouvelle région, Jean-Louis Chauzy n'a pas hésité à clamer "Nous sommes Languedoc-Pyrénées", au nom d'un équilibre entre les deux territoires et d'une "meilleure visibilité internationale". Las, son avis - qui était aussi celui de nombreux décideurs économiques - n'a pas été suivi. Lors de la privatisation de la société Aéroport Toulouse-Blagnac, il avait exprimé sa crainte de voir les acteurs français écartés. Craintes justifiées avec la cession à un consortium chinois. Pugnace, il a renvoyé les autorités à leurs responsabilités. En juin, il interpellait Emmanuel Macron, alors ministre de l'Économie : "L'actionnaire majoritaire veut puiser dans les fonds propres de la société pour la rémunération des actionnaires. Outre le fait que ces fonds ont été acquis par le sérieux de la gestion qui a précédé leur arrivée il y a un an, cette décision fragiliserait (...) l'activité de la société." Jean-Louis Chauzy n'hésite pas non plus à interpeller les acteurs privés. En juin dernier, suite au débarquement surprise du directeur général de Latécoère, Frédéric Michelland, il estime que "c'est la crédibilité des fonds de pension américains qui est posée", appelant l'État et Bpifrance à "en tirer les leçons parce que l'industrie nécessite une stratégie et une vision à long terme, ce qui est à l'opposé de la spéculation financière".
Ferdinand Kerssenbrock