Gervais Koffi Djondo, porte flambeau du panafricanisme financier
Emmanuel Atcha
Emmanuel Atcha
Né au début des années 40, aujourd'hui octogénaire, Gervais Djondo est sorti d'une famille moyenne ou la rigueur était de mise avec son père qui collaborait surtout avec le colon allemand. Ancien boursier après sa formation à l'Institut des Hautes Etudes d'Outre-mer et de l'Institut des Sciences Sociales du Travail d'Economique de Paris et comptable de formation, il connaîtra un parcours très riche.
Préfet aux indépendances, Directeur général de Compensation, des Prestations familiales et des Accidents du travail du Togo, actuelle Caisse Nationale de Sécurité Sociale (CNSS), en 1964, délégué pour le Togo de la Société Commerciale de l'Ouest Africain (SCOA), en 1975, avant d'être nommé à la tête de la Chambre du Commerce, d'Agriculture et d'Industrie du Togo, en 1978, il sera l'initiateur de la création de la Fédération des Chambres de Commerce et d'Industrie de l'Afrique de l'Ouest, qu'il présidera de 1978 à 1984.
En 1984, il fera son entrée au gouvernement sous feu Gal Gnassingbé Eyadema. Quelque années plus tard, il quittera le gouvernement pour se consacrer totalement à ses projets de Ecobank et d'Asky Airlines qui sont devenus une référence en Afrique aujourd'hui. En s'appuyant sur ses contacts dans les milieux bancaires à Ecobank, à la Banque d'Investissement et de Développement de la Cedeao (BIDC) et la Banque Ouest Africaine de Développement (BOAD), et grâce au partenariat avec Ethiopian Airlines, Gervais Djondo lance la compagnie African Sky Airlines (Asky) avec un démarrage effectif en janvier 2010. Environ 7 ans après, le bilan est louable. Près de 3 millions de passagers transportés déjà. Le Africa CEO Forum lui décernera l'award de la ''Meilleure entreprise africaine de l'année'' en 2014 à Genève.
En quittant le gouvernement, le magnat togolais n'était pas parti à la retraite. Il a commencé activement à travailler à ses deux plus grands succès. Premièrement à une banque qui sera panafricaine et qui devra connaître un succès planétaire. Ecobank.
En 1985, c'est avec deux hommes d'affaires nigérians Henry Fajemirokun et Adeyemi Lawson, qu'il collaborera à la création d'Ecobank. Depuis le siège de la banque à Lomé symbolise l'honneur fait à son fondateur. Gervais Djondo la dirigera 7 ans au moins en tant que Président du Conseil d'Administration (1996 à 2003), avant d'en devenir Président d'honneur. Actuellement présente dans 35 pays et disposant également d'une opération sous licence à Paris et des représentations à Beijing, Dubaï, Johannesburg, Londres, Etats-Unis et Luanda, il s'agit de la banque la plus active du continent noir. Son élection comme ''Meilleure banque africaine'' et ''Meilleure banque d'investissement'' via sa filiale Ecobank Capital par le magazine britannique ''Emeafinance'', n'est pas une surprise.
L’actualité qui compte pour vous, chaque jour dans votre boîte mail.

On pourrait dire sans se tromper qu'il est l'un des pères du panafricanisme financier et un artisan de l'intégration régionale en Afrique. Dur à la tâche, discret et très rigoureux, Gervais Djondo ne cesse de lutter pour le panafricanisme. Il le vit et il travaille pour cela. Ses plus grands succès sur le continent, Ecobank Transnational Inc. et Asky Airlines, sont bien des instruments pour cette intégration et ce panafricanisme. Aujourd'hui, grâce à ces réalisation, l'Afrique de l'ouest peut se targuer d'avoir une compagnie aérienne et un gros conglomérat bancaire qui fait la fierté de toute l'Afrique. Aujourd'hui, octogénaire il s'est fixé l'objectif d'assumer le rôle de doyen et de modèle qu'on lui donne bien souvent en lançant la Bourse Djondo pour l'entrepreneuriat juvénile.
Chaque année qui passe Djondo ne cesse de recevoir des prix pour son audace à créer des sociétés qui marchent. Déjà ce mois de janvier 2017, Gervais Gbondjidè Djondo a été honoré au diner inaugural de l'Initiative AfroChampions. Il a reçu ce prix sous le parrainage du président Ibrahim Boubacar Keita et du comité d'organisation du sommet Afrique-France.
A cette cérémonie, il annonce ainsi le lancement de la ''Bourse Djondo''. Il s'agit d'un appui substantiel qui offre aux jeunes créateurs d'entreprise un accompagnement leur permettant d'ambitionner à devenir à leur tour des ''AfroChampions''. Le panafricaniste Djondo continue ainsi de peaufiner son image de modèle pour tous les entrepreneurs du continent.
Les jeunes bénéficiaires n'auront pas seulement à bénéficier de fonds pour leurs projets innovants, mais aussi et surtout auront à leur disposition tout une ligue d'hommes et femmes d'affaires, expérimentés et assermentés pour les guider vers la réussite. Un moyen pour l'éponyme de la bourse d'assumer son rôle de parrain de la jeunesse africaine et aussi de facilite les pays de l'entrepreneuriat aux jeunes.
Difficile d'énumérer les distinctions et les reconnaissances de Gervais Koffi Gbondjidè Djondo. Tant sur le plan national qu'international. Alors qu'il vient d'être reconnu AfroChampion, la dernière distinction en date, le monde n'oubliera pas qu'il a été nominé en 2013 lors de l'Assemblée générale de l'ONU au ''Lifetime Achievment Award'', à New York. On n'oubliera pas non plus son Prix de la bonne performance individuelle du Magazine ''Aviation & Allied Business'' à Gaborone au Botswana, pour ses apports au secteur du transport aérien en Afrique ou son Prix d'excellence de l'Association des compagnies aériennes africaines (AFRAA) à Marrakech (Maroc) ou encore sa reconnaissance en 2016 comme l'une des 100 personnalités qui font l'Afrique du magazine Financial Afrik.
À lire également
Aujourd'hui, le parrain du panafricanisme s'investit dans beaucoup de domaines, dont l'éducation, l'entrepreneuriat, la recherche, etc. qu'il juge primordiaux pour le réveil de l'Afrique pour l'intégration africaine. Il ne jure d'ailleurs que par ce mot.
Emmanuel Atcha
Créer un corridor de "technologie et d'innovation" : pourquoi l'UM6P s'implante aux Etats-Unis
Président élu d’Afreximbank, le Camerounais George Elombi mise sur l’industrialisation
Sidi Ould Tah, « un doer » élu président de la Banque africaine de développement
« L’Afrique et l’Europe peuvent créer une synergie gagnante » (Mohammed Dewji)