Ingénierie aéronautique : Assystem veut se rapprocher de Boeing aux États-Unis

Gael Cérez
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Assystem a presque 50 ans, si on débute son histoire à partir de ses deux sociétés d'origine. Quel regard portez-vous sur tout ce chemin parcouru ?
L'histoire qui a donné naissance à Assystem a effectivement 50 ans. Elle commence en 1966 quand quelques ingénieurs de Pierrelatte, dans la Drôme, ont créé Atem, une petite société de service qui travaillait dans le nucléaire. J'ai commencé à y travailler comme ingénieur en 1974. Je suis devenu entrepreneur en 1981 en créant R'data (une société d'automatismes et d'informatique industrielle, NDLR) et en rachetant Atem. Assystem est monté en puissance en 1994 (née de la fusion d'Alphatem, d'Atem et de R'Data, NDLR).
En 1996, j'ai racheté Studia, un petit bureau d'étude toulousain de 150 personnes et 400 au total. Grâce à Studia, l'aéronautique est devenue notre premier secteur d'activité aujourd'hui (36 % du chiffre d'affaires en 2015). Toulouse est devenu notre premier site industriel. La société en 1974 avait 40 ingénieurs. Aujourd'hui, nous sommes 12 000. Et c'est encore une entreprise familiale puisque j'en suis le principal actionnaire (à 48,5 %, NDLR).
Que ressentez-vous après ce long parcours ? De la fierté ?
Il y a la fierté de durer car entre la création et 1996, nous étions quasiment à 100 % dans le nucléaire. Il s'est effondré car c'était la fin des investissements en France et qu'il n'y avait pas de marché à l'international. Grâce à Studia, nous avons abordé un secteur totalement nouveau. Je n'imaginais pas un jour entrer dans l'aéronautique. C'est devenu le premier secteur du groupe. Le nucléaire s'est redéployé. Nous sommes présents dans les grandes filières aéronautiques françaises : le nucléaire, l'aéronautique et l'automobile.
Ces trois filières vont-elles rester les trois piliers de l'activité d'Assystem ?
Pour les 10 prochaines années oui. Airbus a un carnet de commande pour bien au-delà des 10 années qui viennent. Sa montée en puissance nécessite de faire appel à des partenaires. Les partenaires de l'ingénierie comme nous sommes naturellement associés à la production. Nous continuons à être en croissance avec Airbus et nous serons là dans 10 ans. Le nucléaire c'est pareil. Même si on ne fait pas de nouvelles centrales, il faut moderniser celles qui existent ou démanteler. Dans 10 ans, le nucléaire sera encore là. L'automobile en revanche connaît des modèles plus courts de 2 à 3 ans. Mais je fais le pari que nous y serons encore car il y a des grands enjeux sur les motorisations et la voiture connectée. Nous sommes très développés en France et peu en Allemagne. Il nous faut nous y développer car c'est là que sont les grands constructeurs automobiles. Nous n'envisageons pas a priori de pénétrer de nouveaux secteurs industriels, mais plutôt de diffuser autour de ces métiers là.
Gael Cérez