L’économie régionale vue par deux chefs d'entreprise emblématiques
Propos recueillis par Emmanuelle Durand-Rodriguez, Jean-Claude Gallo et Anthony Rey
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Quel diagnostic faites-vous de la situation économique régionale ?
Alain Di Crescenzo - La région est économiquement puissante (entre 150 et 160 milliards d'euros de PIB, à comparer aux 200 milliards de la Catalogne) avec un fort taux de création
d'entreprises. C'est la quatrième région exportatrice et la première région pour le solde commercial. Comparée à Paca et à la Nouvelle Aquitaine, l'Occitanie s'en sort mieux sur tous les plans : meilleure croissance 2015 dans l'industrie et meilleure prévision de croissance en 2016. Même diagnostic pour ce qui concerne les services. Dans la construction, la situation est
difficile, car le secteur est en crise, mais l'Occitanie n'est pas, loin de là, dans la pire des situations.
Mohed Altrad - En tant qu'observateur, je remarque que plusieurs niveaux de pouvoir économique, centralisés jusqu'ici, ont été délégués à l'occasion de la fusion des Régions, qui a
vu naître l'Occitanie. On lui a donné les moyens pour que les deux anciens pôles régionaux travaillent en synergie sur les ressources internes, les finances, les outils économiques, etc. Sinon, je ne vois pas l'intérêt de créer une région unique.
Quelles sont les forces et faiblesses de l'Occitanie ?
M. A. - L'Occitanie est une des trois premières régions en France. Avec 5,7 millions d'habitants, c'est un territoire de la taille de la Suisse. Le conseil régional brasse des compétences sur l'économie, le sport, l'éducation, etc. Mais est-ce une Région résultant d'une vraie fusion, à l'image de deux entreprises qui fusionnent et mettent en place une synergie de moyens? Ou bien est-ce une juxtaposition? Il faut dire que, jusqu'ici, on a peu avancé en ce sens. De plus, la Métropole de Montpellier est entrée dans un rapport d'opposition à la Région, ce qui n'est pas de bon augure.
A. D. C. - L'aéronautique, le spatial et les systèmes embarqués sont l'ADN de Toulouse et de
sa périphérie et vont continuer à porter l'économie. Les montées en cadence sont historiques et les régions de Béziers-Montpellier et d'Alès-Nîmes ont un rôle à jouer dans le domaine de la mécanique. L'agroalimentaire est un secteur de premier plan qui doit augmenter sa production,
préserver la qualité et exporter. Pour cela, il a besoin d'être transformé en industrie 4.0. Le tourisme (qui représente plus de 10 0000 emplois) est l'autre secteur porteur. L'ex-Midi-Pyrénées doit s'inspirer des résultats de l'ex-Languedoc-Roussillon, qui est sensiblement meilleur en termes de chiffre d'affaires, de visites et de nombre de nuitées.
Propos recueillis par Emmanuelle Durand-Rodriguez, Jean-Claude Gallo et Anthony Rey