Anne-Catherine Prats, la biologiste passée maître dans l’art de lever des fonds

Béatrice Girard
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Anne-Catherine Prats est chercheuse en thérapie génique, mais son quotidien, comme pour de nombreux chercheurs aujourd'hui en France, ressemble plutôt à celui d'un chef d'entreprise avec une priorité absolue : lever des fonds !
Management, gestion humaine, communication, encadrement d'équipe jalonnent ainsi son quotidien et celle qui se dit "persévérante et optimiste", espère bientôt toucher le but. "La solution de thérapie génique que j'ai développée a été testée sur des souris. Elle est en phase de validation avant de lancer des essais cliniques. Pour cela, il nous faudra trouver 1 million d'euros et je me donne entre trois et cinq ans pour y parvenir. "
Très identifiée dans le monde de la recherche, Anne-Catherine Prats a lancé sa carrière en 1985 grâce à une thèse sur les rétrovirus. "C'était l'époque où le sida apparaissait. Cela a donné de la visibilité à mes travaux qui ont été publiés et j'ai été embauchée à l'Inserm en 1989", se souvient-elle. Dans les années 2000, elle obtient un prix Inserm et devient directrice de laboratoire avant d'être nommée conseillère du directeur général de l'institut de recherche, Christian Bréchot, actuel directeur de l'institut Pasteur.
En 2001, elle est faite Chevalier de l'ordre du mérite, et prépare actuellement la cérémonie au cours de laquelle elle recevra la légion d'honneur en octobre prochain. "Je ne sais pas qui a proposé mon nom, mais j'ai décidé d'accepter", confie-t-elle avec modestie.
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De son enfance en Suisse, à l'heure où elle se passionnait pour la musique autant que pour les sciences, elle a gardé un goût pour le chant choral qu'elle pratique aujourd'hui pour se détendre, mais aussi du piano, de la batterie et récemment de l'orgue... Autant d'échappatoires qui lui permettent de ne jamais perdre son enthousiasme, car elle le répète : "La recherche doit rester un métier de passion sous peine de s'égarer."
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