"La recherche et l'enseignement supérieur rapportent plus que ce qu'ils ne coûtent"

Sophie Arutunian
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Un livre blanc de l'enseignement supérieur et de de la recherche sera remis par le gouvernement au parlement cet automne. Vous pilotez son écriture. À quoi va servir ce document ?
La loi sur l'enseignement supérieur et la recherche du 22 juillet 2013 a prévu plusieurs choses nouvelles sur le rôle de l'État stratège. La première est l'élaboration d'une stratégie nationale de l'enseignement supérieur (Stranes) et d'une stratégie nationale de recherche (SNR). Ainsi, en 2015, deux rapports ont été remis au président de la République sur ces stratégies. Depuis, un certain nombre de mesures ont été mises en œuvre, et il s'agit dans ce livre blanc de les décrire. Cela permettra de donner un sens à un certain nombre d'actions qui peuvent être vues à chaque fois de manière séparées et qui, en fait, font partie d'un tout, d'une globalité de l'action. Et ce qui est également essentiel, évidemment, c'est de prévoir une programmation budgétaire, c'est-à-dire de pouvoir indiquer, si l'on veut réaliser les objectifs, quels sont les moyens qui seront nécessaires à ce titre.
Il s'agit de prouver que le gouvernement agit en matière d'enseignement et de recherche ?
Thierry Mandon est vraiment très clair - j'ai beaucoup travaillé avec lui - sur le fait que les stratégies (Stranes ou SNR) ne devaient pas être conçues comme un seul horizon sans conséquences immédiates. Si on veut atteindre ses objectifs, il faut s'impliquer dès maintenant. Donc il s'agit de présenter ça. De montrer la manière dont le gouvernement s'est emparé de ces rapports pour mettre en œuvre un certain nombre de mesures très opérationnelles, très concrètes.
Quelles sont les actions dont vous parlez et qui ont été mises en œuvre et qui vont être recensées dans le document ?
Sans dévoiler encore le livre blanc, voici quelques exemples : des mesures sur l'orientation ont été prises. Une évolution du système APB (admission post bac), un renforcement de l'orientation au niveau du lycée, un développement du processus d'orientation dès la première, le fait de créer 5 conseils d'orientation post-secondaires expérimentaux (il y en a un dans l'académie de Toulouse) qui permettent de travailler sur les cas les plus compliqués en matière d'orientation. On peut aussi parler du numérique : un travail conjoint auquel j'ai été associé avec le Conseil national du numérique, va déboucher sur une expérimentation dans plusieurs établissements pour travailler sur la transition numérique à l'échelle de l'établissement. On sort de l'initiative un peu ponctuelle qui va concerner parfois une seule formation pour avoir une logique qui transforme complètement un établissement.
Sophie Arutunian