Les 40 qui font Toulouse (5/7) : Les "big boss" de la politique
Sophie Arutunian et Emmanuelle Durand-Rodriguez
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©photo Rémi Benoit
"Une présidente de terrain", "proche des citoyens". Au soir de son élection comme présidente de Région le 4 janvier 2015, la socialiste Carole Delga précisait ce qu'elle voulait incarner : l'image d'une gouvernance renouvelée. Pari réussi ? Il est trop tôt pour le dire mais ses équipes travaillent pour respecter une promesse : malgré la fusion des régions, 2016 ne doit pas être une année blanche. Pour rappel, plus de 600 politiques publiques issues des deux ex-régions doivent être harmonisées avant 2021 (c'est la loi qui l'impose). Le 14 décembre prochain marquera une étape importante avec la présentation de trois documents qui définiront la stratégie régionale : le schéma de développement économique, d'innovation et d'internationalisation (SRDEII), celui dédié à l'enseignement supérieur, à la recherche et à l'innovation (SRESRI), ainsi que le futur contrat de plan de développement des formations et de l'orientation professionnelle. "Nous avons agi", se félicite Carole Delga, qui évoque une première année de mandat "passionnante" et une fonction de présidente dans laquelle elle se sent "parfaitement à l'aise". Ses premiers mois de présidente de Région n'ont pourtant pas été sans difficulté. Une décision symbolique lui a valu une avalanche de critiques : le nom de la nouvelle région. La méthode de la consultation citoyenne sur une base de cinq propositions a fait grincer des dents chez ses opposants qui ont dénoncé une "erreur historique" et une "méthode de consultation discutable". Elle se remémore également "un dialogue difficile avec certains Catalans".
Soutien de François Hollande
À 44 ans, Carole Delga a entamé il y a presque un an la deuxième partie d'une carrière politique qui s'est accélérée en 2014 au moment de son passage à Bercy. Secrétaire d'État chargée du Commerce, de l'artisanat, de la consommation et de l'économie sociale et solidaire en juin 2014, elle a beaucoup appris sur les rouages du gouvernement et sur le fonctionnement du ministère de l'Économie et des finances. D'autant qu'en un an aux responsabilités, elle aura connu Bercy à la fois sous Arnaud Montebourg et sous Emmanuel Macron. Pendant les douze mois où elle a été secrétaire d'État, Midi-Pyrénées n'a jamais été loin de ses pensées. Elle a multiplié les déplacements, écoutant ainsi un conseil politique donné par François Hollande au moment de sa nomination. Sa fidélité au président de la République est encore aujourd'hui sans faille : "Il y a certes un problème de communication entre la population et les actions menées, mais en politique, on doit avoir des valeurs et une éthique et ne pas agir en girouette. La loyauté et la fidélité sont primordiales. Je suis un soutien du gouvernement malgré les vents mauvais car je suis fière des valeurs socialistes."
Sophie Arutunian et Emmanuelle Durand-Rodriguez