Cybersécurité : le futur moteur de la croissance économique française ?

Pierrick Merlet

Pierrick Merlet
80 %... C'est le pourcentage d'entreprises françaises victimes d'au moins une cyberattaque en 2016, si l'on en croit le baromètre du Club des experts de la sécurité de l'information et du numérique (CESIN) paru le 27 janvier dernier. En 2015 déjà, Jean-Nicolas Piotrowski, gérant de l'entreprise toulousaine de cybersécurité ITrust déclarait que "75 % des entreprises [étaient] touchées par la cybercriminalité, et 80% d'entre elles ne sont pas au courant".
Des chiffres peu surprenants pour le général Marc Watin Augouard, fondateur du Forum international de la cybersécurité (FIC), qui intervenait à Toulouse lors de la troisième édition des Rencontres Cybersécurité Occitanie organisée par ToulÉco le 10 mai.
Composé de trois couches, "une matérielle, composée notamment de data centers, celle des logiciels et enfin celle des données", il juge notre espace numérique "fragile", avant de se projeter dans le futur : "Selon moi, dans 50 ans, on aura sans doute réglé le problème de la sécurité de la couche matérielle et nous aurons résolu en partie les problèmes liés la couche des logiciels. Mais, celle du futur, celle des données, sera la plus en danger car convoitée par les prédateurs."
Pour rendre cet espace numérique solide, la France doit "rattraper son retard en la matière et devenir une grande puissance du numérique". Dans les faits, l'État doit tout d'abord se doter d'un ministère du Numérique important au sein du gouvernement.
Pour cela, l'État devra composer avec des acteurs du domaine privé - étant donné que ces derniers occupent majoritairement le domaine de la cybersécurité - en nouant des partenariats "totalement inédits".
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Le général Watin Augouard appelle aussi à la coopération au niveau européen, mais seulement franco-allemande dans un premier temps. "Il faut créer l'Europe de la cybersécurité, mais pas à 27 tout de suite, sinon nous allons nous planter immédiatement", assure-t-il. Au travers de cette éventuelle collaboration, le fondateur du FIC voit l'opportunité de créer des géants industriels de la cybersécurité et, ainsi, de pallier des manques qui pourraient se faire ressentir rapidement.
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