Bercy se refuse à supprimer les chèques mais étudie des alternatives

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Constatant que le chèque reste incontournable, Christine Lagarde a commandé une nouvelle mission pour diversifier les moyens de paiement.

Le diagnostic est posé, reste à trouver les remèdes. Christine Lagarde a reçu vendredi le rapport du Comité consultatif du secteur financier (CCSF) sur l'utilisation du chèque. La France reste en effet le pays qui utilise le plus ce moyen de paiement très coûteux, avec 3,3 milliards de chèques émis en 2009 (soit 20 % des paiements hors espèces), même si ce chiffre baisse de 4 % par an en moyenne depuis 2002. De fait, il n'existe aucune alternative en matière de dépenses scolaires et médicales, ou de services à domicile. Contrairement aux idées reçues, le chèque est privilégié par les catégories socioprofessionnelles supérieures et peu âgées. Si 63 % des particuliers préfèrent la carte bancaire, 18 % privilégient le chèque, et 11 % seraient « très gênés » s'il disparaissait. Et les associations de consommateurs n'envisagent sa disparition que s'il existe une alternative crédible et gratuite.

« Virement de proximité »

Quant aux entreprises, elles apprécient le chèque pour effectuer leurs paiements, mais beaucoup moins pour encaisser en raison des coûts de traitement. Une tendance qui se confirme d'autant plus que les entreprises sont petites. Enfin, les banques soulignent que le chèque génère des coûts importants et peu de revenus, mais elles sont divisées sur l'opportunité de le faire disparaître.

« Cette étude me conforte dans l'idée que la suppression du chèque n'est pas une option aujourd'hui », a réagi la ministre de l'Économie. « Si les Français continuent à autant utiliser le chèque, c'est qu'il présente des avantages, et que la gamme des moyens de paiement n'est pas assez développée pour fournir des alternatives pertinentes dans toutes le situations », selon une source proche de Bercy. Christine Lagarde a donc décidé de confier à Emmanuel Constans, président du CCSF, et à Georges Pauget, l'ancien patron du Crédit Agricole, une nouvelle « mission de propositions » dont les conclusions sont attendues en octobre. Plutôt que de rechercher un remplaçant unique au chèque, l'idée est d'ouvrir la voie à l'élargissement de la gamme des moyens de paiement, par exemple en mettant en place un « virement de proximité ».

Le rapport Constans-Pauget dressera notamment une cartographie des différents moyens de paiement, des besoins auxquels ils répondent, de leur coût, de leurs tarifs et de leurs conditions de sécurité, afin d'en mettre en évidence les avantages et les inconvénients.

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