Un des piliers du pouvoir nord-coréen aurait été destitué
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par Ju-min Park et Jack Kim
SEOUL (Reuters) - L'oncle du dirigeant nord-coréen Kim Jong-un, considéré comme l'éminence grise du régime, aurait été démis de ses fonctions et deux de ses conseillers exécutés pour corruption, selon un parlementaire sud-coréen briefé par les services de renseignements.
La disgrâce de Jang Song Thaek, qui était vice-président de la puissante Commission de la défense nationale et siégeait au bureau politique du Parti des travailleurs dont il dirigeait l'une des branches, serait un bouleversement majeur du système politique nord-coréen.
"Selon le briefing d'un haut responsable du NIS (ndlr, le service sud-coréen du renseignement), les services pensent que Jang Song Thaek a perdu ses postes", a déclaré à la presse le député Jung Cheong-rae, qui a assisté à cette communication à huis clos.
Deux proches conseillers de Jang au Parti des travailleurs auraient par ailleurs été exécutés pour corruption.
"Par la suite, le NIS pense que Jang Song Thaek n'a plus été vu (en public) et qu'il a été relevé de ses fonctions", a ajouté le député.
L'agence officielle de presse nord-coréenne KCNA, principale source d'information sur la Corée du Nord, ne mentionne pas le sort de Jang Song Thaek.
En 2004 déjà, Jang Song Thaek, considéré comme un partisan de réformes économiques, avait été victime d'une purge décidée par Kim Jong-il, le père de l'actuel dirigeant nord-coréen, mais spectaculairement réhabilité deux ans plus tard en accédant à la vice-présidence de la Commission de la défense nationale.
"PLUS GRAND BIENFAITEUR ET PLUS GRANDE MENACE"
Marié à une tante de Kim Jong-un, âgé de 67 ans, il est l'un des acteurs principaux du cercle qui a formé et fait en sorte que le jeune fils de Kim Jong-il lui succède à sa mort, fin 2011.
"Jang est à la fois le plus grand bienfaiteur et la plus grande menace contre Kim Jong-un", estimait en avril Park Hyeong-jung, de l'institut sud-coréen pour l'Unification nationale.
Car ce gendre de Kim Il-sung, le fondateur et "président éternel" de la République populaire démocratique de Corée, connaît les moindres secrets du régime.
"L'élément le plus important à savoir concernant Jang Song Thaek, c'est qu'il a une mémoire des institutions. Il sait où sont enterrés tous les cadavres, il sait qui a un problème avec l'alcool, il sait quelles épouses de quels dirigeants ont tendance à parler un petit peu trop à leurs proches", note Mike Madden, spécialiste de la Corée du Nord et contributeur du site internet NK Leadership Watch qui a du mal à croire qu'il puisse être facile de le rayer de la carte.
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Pour les "coréanologues" qui scrutent à distance les arcanes du pouvoir nord-coréen, il est inconcevable que Kim Jong-un ne soit pas impliqué dans sa disgrâce.
"Jang Song Thaek est une personnalité que Kim Jong-un devait à un moment supplanter pour solidifier sa propre structure de pouvoir", analyse Koh Yu-hwan, de l'université Dongguk de Séoul, qui l'interprète comme une lutte générationnelle. "Les jeunes élites ont poussé Kim à se débarrasser de Jang, ce qui signifie qu'il va gouverner sans tuteur."
La chute de Jang Song Thaek pourrait faire pencher la balance du pouvoir en faveur d'un autre proche du jeune dirigeant nord-coréen, Choe Ryong Hae, qui dirige le bureau politique général de l'armée populaire, le principal poste politique de l'armée nord-coréenne.
Elle suscite aussi des interrogations sur la suite de la politique économique menée par Pyongyang.
Avec James Pearson et Michelle Kim; Danielle Rouquié et Henri-Pierre André pour le service français
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