En Tunisie, le rail est perçu comme une solution plus durable pour traiter une partie des déplacements du quotidien et réduire les embouteillages. Le pays reste toutefois confronté à des défis dans la mise à niveau et la maintenance de ses infrastructures.
La Société des Transports de Tunis (Transtu) a signé le vendredi 10 juillet, avec le constructeur chinois CRRC Nanjing Puzhen, un contrat de 75 millions d’euros pour l’achat de 18 rames électriques destinées à la ligne ferroviaire de la banlieue nord, qui rallie les villes tunisiennes de La Goulette et La Marsa (TGM). Cette commande doit permettre de renforcer les capacités du réseau, d’en améliorer la sécurité et de fluidifier la circulation pour répondre à une demande en hausse dans un Grand Tunis où la croissance démographique et la concentration des activités accentuent la pression sur les infrastructures.
La BEI et la BERD au financement
D’une longueur de 40 mètres et d’une capacité de 400 passagers dont 90 places assises, les nouvelles rames seront climatisées et pourront circuler à une vitesse maximale de 100 km/h. La fréquence maximale annoncée pour les heures de pointe est d'une desserte toutes les 6 minutes. Selon les détails relayés par les médias locaux, la première rame devrait être réceptionnée en novembre 2027, alors que les 17 autres seront livrés à partir de 2028.
Le projet, qui inclut aussi un contrat de maintenance de 5 ans couvrant la fourniture de pièces de rechange et des équipements nécessaires à l’entretien, est financé conjointement par la Banque européenne d’investissement (BEI) et la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD), chacune prenant en charge 50% du coût.
Cette commande vient s’ajouter à une série d’initiatives témoignant d’un retour de l’État tunisien et des bailleurs de fonds internationaux vers le rail comme instrument de modernisation urbaine et territoriale. Ces dernières années, les autorités ont multiplié les annonces pour renforcer la desserte ferroviaire dans la capitale et ses banlieues, dans un contexte marqué par une saturation des lignes, la vétusté d’une partie du matériel et les attentes croissantes des usagers.
Des démarches sont ainsi en cours, avec le lancement en mai 2025 d’un appel d’offres pour l’acquisition de 30 nouvelles rames de métro à double sens mesurant chacune 45 mètres de long, afin pour répondre à la demande croissante en mobilité, notamment dans les zones à forte densité urbaine.
Newsletter
Ma Tribune
L’actualité qui compte pour vous, chaque jour dans votre boîte mail.
Un plan ferroviaire de long terme
Au-delà du renouvellement du parc roulant, le pays dispose d’une feuille de route ferroviaire plus ambitieuse, pensée comme un levier de développement économique. Les autorités ont élaboré un plan d’investissement à hauteur de 36 milliards de dinars (environ 10,6 milliards d'euros) à l’horizon 2040. L’objectif est de moderniser le réseau qui s’étend actuellement sur environ 2 000 km, d’augmenter sa capacité, d'améliorer la qualité de service et d'élargir son rôle dans l’aménagement du territoire.
Cet investissement s’inscrit dans la vision stratégique 2040 pour secteur des transports et de la logistique, qui prévoit 47 projets d’infrastructures pour un montant global de 54 milliards de dinars (près de 16 milliards d'euros). Une large partie des financements destinés au rail seront mobilisée à travers des partenariats public-privé, en particulier pour le métro de Sfax, le métro léger du Grand Tunis et l’extension du réseau ferroviaire rapide dans cette même région.
Cette feuille de route devait également renforcer la contribution des transports dans l’économie tunisienne sur la prochaine décennie. Selon les données de la Banque africaine de développement (BAD), ce secteur représente actuellement 5% du PIB et génère environ 160 000 emplois directs.