Le mouvement de Beppe Grillo au coeur d'une polémique en Italie
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par James Mackenzie
ROME (Reuters) - Le Mouvement Cinq Etoiles (M5S), le parti anti-élites de l'humoriste Beppe Grillo, se retrouve sous le feu des critiques en Italie pour ses attaques, accompagnées d'injures d'internautes, contre la présidente de la Chambre des députés, Laura Boldrini, qu'il veut contraindre à démissionner.
Le M5S, qui surfe sur une vague de mécontentement populaire nourrie par le marasme économique et les scandales à répétition touchant la classe politique, demande à la fois la destitution du président de la République Giorgio Napolitano et celle de Laura Boldrini qu'il accuse de partialité.
Celle-ci s'est attirée la colère du M5S en imposant des délais stricts pour accélérer le vote des textes sur la recapitalisation de la Banque d'Italie et une taxe sur le logement à la suite d'une tentative des députés M5S d'empêcher l'approbation de ces textes en bloquant les accès aux salles des commissions.
Sur le blog de Beppe Grillo, ses sympathisants ont laissé libre court à leur colère avec, en point d'orgue, la mise en ligne d'une vidéo montrant un homme au volant d'une voiture avec une effigie en carton de Laura Boldrini sur le siège du passager intitulée : "Que feriez-vous seul dans une voiture avec Boldrini?"
Les commentaires injurieux, souvent sur un ton agressif, laissés par les internautes sous cette vidéo ont fini par être retirés par les responsables du M5S.
"C'est de l'incitation à la violence, il suffit de regarder les commentaires. Cela veut dire que les gens qui contribuent à ce blog ne veulent pas avoir de discussion sur les questions de fond mais seulement blesser et humilier. Ce sont des violeurs en puissance", a déclaré Laura Boldrini dimanche sur une des chaînes de télévision de la Rai, la télévision publique.
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"SECTIONS FASCISTES"
Beppe Grillo a qualifié la présidente de la Chambre d'"hypocrite" parce que, dit-il, elle n'a pas condamné le geste d'un député du Choix civique, le parti centriste de Mario Monti, surpris par les caméras en train de frapper au visage une députée M5S lors d'une séance à la Chambre alors que des membres du groupe Cinq Etoiles tentaient de s'installer sur les sièges réservés au gouvernement.
Le chef de l'Etat, le président du Conseil Enrico Letta et Matteo Renzi, le nouveau secrétaire du Parti démocrate (PD), la formation du chef du gouvernement, ont condamné les initiatives du M5S.
"Ces actes ressemblent à ceux des sections fascistes", a déclaré Matteo Renzi dans un entretien au quotidien La Repubblica. Les insultes en ligne contre Laura Boldrini sont "sordides", a-t-il ajouté.
"La vulgarité et les insultes devraient toujours être condamnées (...)", a déclaré la sénatrice M5S Serenella Fucksia. "Certaines personnes utilisent de fausses identités. Il se pourrait que ce ne soient pas des partisans de Grillo mais de Renzi", a-t-elle affirmé à La Repubblica en accusant Laura Boldrini de partialité. Elle doit démissionner, a ajouté la sénatrice.
L'attitude du M5S ne fait qu'accentuer le climat délétère régnant au parlement italien, qui vient de commencer à débattre d'une réforme du mode de scrutin.
La législation électorale actuelle est considérée comme responsable du blocage issu des élections de février 2013. Aucun parti n'avait obtenu de majorité claire. Cette paralysie institutionnelle avait contraint la gauche et la droite à s'entendre deux mois plus tard sur un gouvernement de coalition.
Avec Gavin Jones; Danielle Rouquié pour le service français, édité par Bertrand Boucey
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