Un policier poursuivi pour la mort d'une manifestante en Egypte
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Un policier poursuivi pour la mort d'une militante lors d’une manifestation en egypte
© Mohamed Abd El Ghany / Reuter
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Un policier poursuivi pour la mort d'une militante lors d’une manifestation en egypte
© Mohamed Abd El Ghany / Reuter
LE CAIRE (Reuters) - Le parquet égyptien a ordonné mardi le renvoi devant une cour d'assises d'un policier accusé de la mort de la militante Chaimaa Sabbagh lors d'une manifestation en janvier dans le centre du Caire. Sa mort avait provoqué un vif émoi en Egypte et dans le monde.
Le renvoi d'un policier devant une cour d'assises est un fait rare en Egypte.
Chaimaa Sabbagh, membre de l'Alliance socialiste populaire, a été atteinte par un tir de grenaille près de la place Tahrir, haut lieu de la révolte de 2011. Son parti affirme depuis le début qu'elle a été tuée par les forces de sécurité.
Sa mort, à la veille du quatrième anniversaire du soulèvement contre le régime d'Hosni Moubarak, avait suscité de l'émotion et de la colère et illustré les accusations des militants des droits de l'homme en Egypte contre les pratiques répressives imputées au gouvernement du président Abdel Fattah al Sissi.
Ce dernier avait réagi en déclarant que la militante était comme "sa fille" et "la fille de l'Egypte" et promis que les responsables de sa mort seraient traduits en justice.
"L'enquête du parquet a révélé que ce décès s'est produit après qu'elle a été touchée par un tir de grenaille d'un des agents de police des Forces centrales de sécurité tiré dans la direction de manifestants afin de les repousser de la place Talaat Harb", écrit le procureur dans un communiqué.
Le policier, qui n'est pas identifié, est poursuivi pour "action ayant entraîné la mort", et non pour meurtre, une charge plus grave. Selon l'article du code pénal qui sera retenu, il est passible d'une peine allant de trois à dix ans de prison, indiquent des avocats.
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Pour Gamal Eid, qui dirige le Réseau arabe d'information sur les droits de l'homme, ce chef d'accusation minoré démontre qu'"il n'existe aucune volonté politique de faire appliquer la loi".
Le procureur général d'Egypte a également annoncé l'inculpation de seize personnes, dont des partisans des Frères musulmans, pour meurtre et incitation à la violence en relation avec la mort de 19 supporters de football lors d'affrontements avec les forces de l'ordre au début du mois de février.
(Mahmoud Mourad et Yara Bayoumi; Jean-Stéphane Brosse et Henri-Pierre André pour le service français)
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