Mandat d'arrêt lancé par la justice espagnole contre Puigdemont
reuters.com

Mandat d'arret attendu contre puigdemont dans la journee
REUTERS TV
reuters.com

Mandat d'arret attendu contre puigdemont dans la journee
REUTERS TV
par Raquel Castillo et Inmaculada Sanz
MADRID (Reuters) - La juge de l'Audience nationale espagnole Carmen Lamela a émis vendredi un mandat d'arrêt européen contre l'ancien président catalan Carles Puigdemont, actuellement en Belgique, poursuivi pour sédition, rébellion et détournement de fonds publics.
Quatre autres anciens membres de l'exécutif catalan également en Belgique ont eux-aussi fait l'objet d'un mandat d'arrêt. La magistrate a refusé que Carles Puigdemont témoigne par vidéoconférence depuis la Belgique.
A Bruxelles, le ministère public a fait savoir que les autorités belges étudieraient la requête de Madrid avant de la transmettre à un juge.
L'un des neuf ex-membres de l'ancien exécutif catalan incarcérés jeudi à Madrid, Santi Vila, devait sortir de prison après s'être acquitté d'une caution de 50.000 euros.
Contrairement aux autres ex-dirigeants catalans qui ne bénéficient pas de cette mesure de remise en liberté sous caution, notamment l'ancien vice-président Oriol Junqueras, Santi Vila avait démissionné de l'exécutif régional avant le vote de la déclaration unilatérale d'indépendance par le Parlement catalan, le 27 octobre. Il prône depuis une solution négociée avec le gouvernement espagnol.
Son passeport a cependant été confisqué et il devra se soumettre à un contrôle judiciaire avec interdiction de quitter le territoire et obligation de pointer tous les quinze jours au tribunal le plus proche de son domicile.
Santi Vila entend toutefois être le chef de file des candidats du Parti démocrate de Catalogne (PdeCat), la formation de Puigdemont, aux élections régionales du 21 décembre convoquées par le président du gouvernement espagnol Mariano Rajoy.
L’actualité qui compte pour vous, chaque jour dans votre boîte mail.

Puigdemont et les quatre derniers membres de l'ex-Generalitat qui n'ont pas répondu à la convocation de l'Audience nationale se sont rendus à Bruxelles à la suite de la mise sous tutelle de la région par Madrid, quelques heures seulement après la déclaration unilatérale d'indépendance.
L'ex-présidente du parlement régional, Carme Forcadell, et cinq autres députés qui siégeaient au bureau de l'assemblée catalane ont été entendus jeudi par le Tribunal suprême, qui a accepté leur demande de report de l'audition au 9 novembre.
Leurs cas sont examinés par le Tribunal suprême du fait de l'immunité parlementaire dont ils bénéficient.
Les fissures apparues le week-end dernier au sein du camp indépendantiste semblent avoir été en partie comblées après l'incarcération des anciens membres de l'exécutif.
Les formations politiques membres de la coalition sécessionniste Junts Pel Si (Ensemble pour le oui) ont jusqu'au 7 novembre pour dire si elles se présenteront unies le 21 décembre.
Selon un sondage publié cette semaine, Junts Pel Si remporterait les élections avec 35,2% des voix et pourrait avoir une majorité au parlement local en s'alliant avec le parti d'extrême gauche CUP, comme dans l'assemblée dissoute.
Le gouvernement espagnol a déclaré vendredi que dans ce cas il n'aurait pas d'autre solution que de dialoguer avec la nouvelle majorité, dans le cadre de la loi.
"Nous pouvons à nouveau offrir des possibilités de dialogue pour trouver un arrangement afin de faire coïncider les aspirations des Catalans à plus d'autonomie et, même, on peut penser à une modification de la Constitution", a dit le ministre espagnol des Affaires étrangères, Alfonso Dastis, au quotidien français Le Figaro.
"Certains évoquent l'idée d'aller vers un modèle fédéral pour donner plus d'autonomie aux régions, y compris financièrement. Si on modifie la Constitution, peut-être que l'on pourrait s'approcher du statut de 2010", a-t-il ajouté.
(avec Jesus Aguado et Paul Day à Madrid; Guy Kerivel et Nicolas Delame pour le service français)
reuters.com