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Les exécutifs locaux rompent avec l'Etat, chargent Matignon

reuters.com

Publié le 03 juillet 2018 à 08:47 - Mis à jour le 13 décembre 2024 à 00:47

Les executifs locaux rompent le dialogue avec l'etat

Les executifs locaux rompent le dialogue avec l'etat

Vincent Kessler

Le Quotidien Numérique

18 juillet 2026

Photo d'illustration de l'article
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PARIS (Reuters) - Les organisations représentatives des maires, départements et régions de France ont annoncé mardi qu'elles boycotteraient la prochaine Conférence nationale des territoires, prévue le 12 juillet, dénonçant le mépris de l'Etat à leur égard.

"Nous avons décidé de sortir de la Conférence nationale des territoires et de cesser ces discussions qui s'apparentent à un simulacre de dialogue", a déclaré Hervé Morin, président des Régions de France, lors d'une conférence de presse commune avec ses homologues de l'Association des maires de France (AMF), François Baroin, et de l'Association des départements de France (ADF), Dominique Bussereau (ADF).

Pour ce dernier, ex-compagnon de route d'Edouard Philippe à l'Assemblée, "le management politique est nul et c'est dommage parce qu'un Etat républicain ne peut pas fonctionner sans un couple harmonieux entre le gouvernement et les communes".

"Nous avons des relations amicales, mais là, il nous a gravement manqué", a-t-il dit à propos du Premier ministre.

Matignon a dit "regretter" le boycott des trois associations, ajoutant que les réunions des 4 et 12 juillet étaient maintenues, en présence d'interlocuteurs comme les Associations des petites villes de France et des maires ruraux.

"La politique de la chaise vide n'est jamais féconde ; les postures ne nous détournent pas de la méthode que nous tenons, dans la transparence et le dialogue avec tous ceux qui le souhaitent, depuis la CNT de juillet 2017", ajoutent les services du Premier ministre.

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Le climat s'est récemment envenimé entre l'exécutif et les organisations représentatives des départements et des régions, et l'ADF avait déjà annoncé la semaine dernière qu'elle gelait ses relations avec l'Etat et n'assisterait pas à la Conférence nationale des territoires. et

Les tensions se sont cristallisées autour de la question de l'encadrement des dépenses des collectivités locales, en particulier des contrats que les 322 plus grandes collectivités locales étaient appelées à signer avec l'Etat avant le 30 juin pour limiter la progression de leurs dépenses de fonctionnement.

"DÉDAIN PRÉTENTIEUX"

Ce dispositif de contractualisation, prévu dans la loi de programmation des finances publiques pour les années 2018-2022 et validé par le Conseil constitutionnel en janvier, a été mal accueilli par bon nombre d'élus locaux, qui y voient une atteinte à la décentralisation.

Les services du Premier ministre ont annoncé dimanche que 70% des 322 des grandes collectivités locales concernées s'étaient engagées dans ce processus.

Ce dispositif sur trois ans vise à contenir la progression des dépenses des collectivités locales, auxquelles le gouvernement a demandé un effort de 13 milliards d'euros d'ici à 2022, soit 2,6 milliards d'euros par an. En contrepartie, l'Etat s'est engagé à ne pas baisser ses dotations.

D'autres points de tension ont émergé, qu'il s'agisse de l'abaissement à 80 km/h de la limitation de vitesse sur certaines routes, des inquiétudes sur la réforme à venir de la fiscalité locale ou encore des réserves des régions sur la réforme de l'apprentissage.

Pour Dominique Bussereau, un tel comportement de l'exécutif ne peut qu'avoir des conséquences aux municipales de 2020. "Aucun gouvernement ne peut envisager de gagner les élections locales s'il est fâché intellectuellement et politiquement avec les collectivités territoriales", a-t-il dit.

Hervé Morin juge le style de gouvernance "bonapartiste, jacobin" d'Emmanuel Macron "qui considère qu'il va tout régler depuis son bureau de l'Elysée avec les inspecteurs des finances qui l'entourent", à rebours de la décentralisation.

Une sensation de mépris partagée par François Baroin. "Nous n'irons plus autour de la table pour entendre dans le meilleur des cas des sermons, au pire un dédain prétentieux et qui donne le sentiment que quand on avance quelque chose, c'est le monde d'avant", a dit le maire de Troyes (Aube).

(Elizabeth Pineau avec Marine Pennetier, Sophie Louet et Myriam Rivet, édité par Yves Clarisse)

reuters.com

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