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Le suspect de l'attentat contre Rushdie plaide toujours non coupable

reuters.com  |   |  368  mots
Nouvelle audience ce jeudi pour le suspect de l'attentat contre rushdie[reuters.com]
(Crédits : Chautauqua County Jail)

par Tyler Clifford

MAYVILLE, New York (Reuters) - L'homme soupçonné d'avoir poignardé l'écrivain Salman Rushdie la semaine dernière dans l'ouest de l'état de New York a plaidé non coupable jeudi des accusations de tentative de meurtre et d'agression lors d'une audience au terme de laquelle il a été incarcéré sans possibilité de libération sous caution.

Hadi Matar, 24 ans, est accusé d'avoir attaqué l'auteur des "Versets sataniques" vendredi lors d'une conférence organisée par la Chautauqua Institution. Il comparaissait jeudi devant un tribunal de district après son inculpation formelle par un grand jury.

Grièvement blessé, Salman Rushdie, âgé de 75 ans, est toujours hospitalisé.

Cette attaque est survenue 33 ans après la fatwa (décret religieux) émise par l'ayatollah Khomeini pour appeler les musulmans à assassiner Salman Rushdie, quelques mois après la publication des "Versets sataniques", livre qui, selon certains musulmans, contient des passages blasphématoires sur l'islam.

En 1998, le gouvernement iranien avait pris ses distances avec cette fatwa, affirmant que la menace n'était plus valable mais en 2019, Twitter a suspendu le compte de l'ayatollah Khamenei à la suite d'un tweet affirmant que la fatwa était au contraire "irrévocable."

Dans une interview publiée par le New York Post mercredi, Matar a dit avoir du respect pour l'ayatollah Khomeini, sans toutefois indiquer si son acte avait été inspiré par la fatwa prononcée par l'ancien guide suprême de la Révolution iranienne. Il a également expliqué n'avoir lu que "quelques pages" des "Versets sataniques" et regardé des vidéos de l'auteur sur YouTube.

"Je ne l'aime pas beaucoup", a-t-il dit à propos de Salman Rushdie, selon les propos publiés par le quotidien. "C'est quelqu'un qui a attaqué l'islam, il a attaqué nos croyances, nos systèmes de croyance."

Le ministère iranien des affaires étrangères a réfuté lundi toute implication dans l'attentat, condamné par de nombreux chefs d'Etat et de gouvernement du monde entier.

Les enquêteurs américains supposent pour l'instant que Matar, un chiite d'origine libanaise né en Californie, a agi seul.

(Reportage Tyler Clifford à Mayville, N.Y., avec Brendan O'Brien à Chicago ; version française Federica Mileo et Marc Angrand, édité par Tangi Salaün)