UE : Les télécoms demandent à Bruxelles de protéger les réseaux contre les coupures de courant cet hiver

reuters.com  |   |  596  mots
Des pylones de lignes electriques a haute tension a avesnes-le-sec[reuters.com]
(Crédits : Pascal Rossignol)

MILAN/STOCKHOLM/PARIS (Reuters) - Les principaux opérateurs de télécommunications européens et un lobby des services d'urgence ont demandé lundi à Bruxelles de protéger les réseaux de télécommunications contre des coupures ou des rationnements de courant, selon une lettre consultée par Reuters.

La baisse des livraisons russes de gaz aux pays de l'UE à la suite des sanctions liées au conflit en Ukraine fait courir à l'Europe le risque d'un rationnement de l'énergie et de coupures de courant cet hiver, qui pourraient mettre a l'épreuve certains services tels que les numéros d'urgence et les réseaux de télécommunications.

Certains des principaux dirigeants européens du secteur des télécommunications, dont la directrice générale d'Orange, ont récemment fait part de leurs préoccupations à ce sujet.

Les associations européennes des opérateurs de réseaux de télécommunications (ETNO) et des numéros d'urgence(EENA) on envoyé une lettre conjointe afin de pousser l'exécutif européen à prendre des mesures.

ETNO représente les anciens monopoles téléphoniques tels que l'allemand Deutsche Telekom, l'espagnol Telefonica et Telecom Italia, tandis que l'EENA représente plus de 1.500 numéros d'urgence dans 80 pays.

"Si les réseaux de télécommunications devaient faire l'objet de coupures planifiées, les citoyens risqueraient de ne pas avoir accès aux services de communication pendant la durée de la coupure, y compris aux communications d'urgence", indique la lettre, signée par les dirigeants des deux associations.

SECTEURS PRIORITAIRES

Pour le moment, en cas de rationnement du courant au cours de l'hiver, certains services essentiels tels que les hôpitaux, la police et les sites de production alimentaire seraient prioritaires.

La plupart des centres d'appels d'urgence (PSAP) sont déjà désignés comme des infrastructures critiques, dit la lettre, ce qui signifie que toutes les mesures appropriées seront prises pour s'assurer qu'ils ne sont pas touchés par les coupures.

Mais les numéros d'appels d'urgence et les opérateurs de télécommunications s'inquiètent du fait que les infrastructures de télécommunications, dont le fonctionnement dépend de la connexion au réseau électrique, ne soient pas désignées comme critiques dans certains pays.

"Nous sommes préoccupés par le fait que les réseaux de télécommunications n'ont peut-être pas été placés sur les listes de secteurs prioritaires", selon la lettre, qui appelle la Commission européenne à travailler avec les États pour garantir le maintien de l'approvisionnement en énergie des réseaux en cas de rationnement.

L'EENA a également fait part de ses préoccupations dans un communiqué publié sur son site Internet, après que Reuters a rapporté en septembre que les responsables du secteur craignaient que les utilisateurs de smartphones puissent perdre inopinément tout signal de téléphonie mobile.

La lettre, envoyée à Ditte Juul Jorgensen, directrice générale du département énergie de la Commission européenne, et à son homologue du département réseaux de communication, Roberto Viola, souligne également que les dispositifs de fourniture de secours sont coûteux et fragiles.

Selon des sources du secteur des télécommunications, les systèmes d'alimentation de secours sont actuellement insuffisants dans de nombreux pays européens pour faire face à des coupures généralisées.

La Commission n'a pas répondu immédiatement à une demande de commentaire.

(Reportage Elvira Pollina à Milan, Supantha Mukherjee à Stockholm et Mathieu Rosemain à Paris ; version française Diana Mandiá, édité par Kate Entringer)

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