Fonds bloqués : le bras de fer entre Bruxelles et la Hongrie continue

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Le premier ministre hongrois viktor orban arrivant au sommet des chefs d'etat et de gouvernement de l'union europeenne[reuters.com]
(Crédits : Johanna Geron)

BRUXELLES (Reuters) - Le bras de fer entre l'Union européenne et la Hongrie se poursuivait vendredi, Budapest réclamant le déblocage de milliards d'euros du plan de relance européen tandis que Bruxelles exige des réformes et la levée du véto posé par le gouvernement hongrois à l'aide à l'Ukraine et à la taxation minimale des multinationales.

La Commission européenne considère toujours que les efforts récemment consentis par Budapest en matière de lutte contre la corruption n'ont pas répondu à toutes ses préoccupations sur le respect de l'état de droit en Hongrie, et ne justifient donc pas le déblocage des quelque 13,3 milliards d'euros d'aide auxquels le pays peut prétendre.

L'exécutif européen a cependant entrouvert la porte à un déblocage partiel de cette somme par les 26 autres Etats membres pour encourager le gouvernement hongrois à poursuivre ses réformes.

Le Premier ministre Viktor Orban a un grand besoin de ces fonds européens alors que l'inflation devrait atteindre 26% ce mois-ci, que les intérêts de la dette s'alourdissent fortement et que l'économie devrait subir une sévère récession l'an prochain.

L'UE s'est jusqu'à présent montrée inflexible, exigeant des progrès substantiels en matière de lutte contre la corruption et d'indépendance de la justice, exigences auxquelles Budapest a riposté en bloquant une aide de 18 milliards d'euros à l'Ukraine et l'adoption par les Vingt-Sept de la taxation minimale des multinationales.

"Je note les efforts déployés jusqu'à présent par la Hongrie", écrit le commissaire européen au Budget, Johannes Hahn, dans une lettre consultée par Reuters, mais "le risque global pour le budget de l'Union (...) n'a pas changé à la lumière des dernières modifications législatives adoptées en Hongrie".

Pour accentuer la pression sur Bruxelles, Viktor Orban pourrait s'opposer à l'approbation d'un nouveau train de sanctions contre la Russie, prévue plus tard dans la soirée de vendredi, craignent des diplomates.

En signe d'apaisement, les 26 autres Etats pourraient donc approuver de manière conditionnelle le plan d'aide présenté par Budapest, pour un montant de 5,8 milliards d'euros, et maintenir le gel de 7,5 milliards d'euros supplémentaires, ont dit des sources au fait des tractations.

Des discussions à ce sujet ne devraient cependant pas intervenir avant lundi et, selon ces sources, leur issue dépendra aussi de la disposition de la Hongrie à lever les vétos qu'elle a posés. Rien ne garantit par conséquent que la crise sera résolue d'ici au sommet des chefs d'Etat et de gouvernement des Vingt-Sept jeudi et vendredi prochains.

(Reportage de Gabriela Baczynska et John Chalmers, avec Sabine Siebold et Jan Lopatka ; version française Tangi Salaün, édité par Kate Entringer)

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