L'armée irakienne disposée à laisser l'EI quitter Falloudja
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Les hommes de l'ei peuvent quitter falloudja, dit l'armee irakienne
© Thaier Al-Sudani / Reuters
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Les hommes de l'ei peuvent quitter falloudja, dit l'armee irakienne
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par Stephen Kalin
BAGDAD (Reuters) - L'armée irakienne pourrait autoriser les combattants de l'organisation Etat islamique à quitter Falloudja, où les forces gouvernementales ont proclamé leur victoire vendredi, a déclaré un général irakien qui redoute toutefois que les djihadistes ne luttent jusqu'au bout.
Les forces irakiennes ont atteint vendredi le centre-ville de Falloudja et repris la mairie sur laquelle flotte à nouveau le drapeau irakien, mais de nombreux combattants de l'EI restent terrés dans plusieurs quartiers de la ville qu'ils ont truffée d'explosifs.
L'armée est disposée à laisser les combattants quitter la ville pour éviter des affrontements violents susceptibles de faire des victimes civiles, a dit le général Talib Shaghati Mchari al Kenani. "Mais les terroristes de Daech à Falloudja feront exploser des bombes pour tuer des Irakiens innocents, pensant aller ainsi au paradis", a-t-il prévenu.
Talib Shaghati Mchari al Kenani, qui dirige le commandement des opérations interarmées menées contre l'EI en coordination avec la coalition conduite par les Etats-Unis, s'exprimait dans ses bureaux de Bagdad dans un complexe étroitement surveillé par des forces spéciales.
L'armée irakienne a déjà laissé des combattants de l'EI fuir le combat, mais avec le rétrécissement du territoire contrôlé par les djihadistes, leurs options sont de plus en plus minces.
Les forces gouvernementales ont lancé le 23 mai une opération d'envergure pour reprendre Falloudja, bastion de la rébellion sunnite.
L'appui apporté aux forces gouvernementales par des milices chiites laisse craindre des représailles. L'Onu a d'ailleurs relayé des témoignages faisant état d'exécutions sommaires et d'aveux extorqués sous la contrainte d'hommes et d'adolescents fuyant la ville alors assiégées par l'armée irakienne.
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Talib Shaghati Mchari al Kenani assure que les forces gouvernementales n'ont pas l'intention de confier de rôle aux milices pour les opérations dans la ville de Falloudja. Selon lui, leur présence ne sera pas non plus requise lorsque le temps sera venu de reprendre Mossoul, la plus grande ville d'Irak encore tenue par les djihadistes.
"Les tribus, les policiers locaux et les volontaires venus des zones sunnites occupées par Daech suffiront pour occuper le terrain. Aucune force supplémentaire ne sera nécessaire", a-t-il dit, faisant implicitement référence aux miliciens chiites redoutés par les populations sunnites.
ESPOIR D'UN SOULÈVEMENT À MOSSOUL
La reprise de Falloudja devrait servir de rampe de lancement à la capture de Mossoul. L'armée irakienne n'est désormais plus qu'à une soixantaine de kilomètres de la grande ville du nord de l'Irak et progresse aux alentours de Kayara où se situe un aéroport pouvant de servir de base arrière pour l'offensive.
Talib Shaghati Mchari al Kenani affirme que l'armée a reçu des informations selon lesquelles des habitants de Mossoul, dont la population est évaluée à plus d'un million d'habitants, préparent une insurrection contre les djihadistes et sont prêts à lancer des actions coordonnées avec l'armée.
"La coopération et la coordination avec les habitants de Mossoul permettront de faciliter la libération de la ville", a-t-il dit sans donner de précisions.
Pour l'heure, des inscriptions hostiles à l'EI ont été signalées sur certains murs de la ville et des djihadistes auraient été attaqués dans certains points de la ville, mais ces actions restent isolées.
Talib Shaghati Mchari al Kenani, qui dirige également les forces antiterroristes (CTS), fer de lance des offensives de l'armée depuis deux ans, dit s'attendre à ce que les forces spéciales continuent le combat dans les poches de résistance qui pourraient subsister une fois que les forces gouvernementales auront repris le contrôle du terrain.
"Ce genre d'opérations, qui se produisent dans les zones densément peuplées, requièrent des unités des forces spéciales, mois nombreuses mais plus flexibles que l'armée régulière", a-t-il expliqué.
(Nicolas Delame pour le service français)
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