Le chef du gouvernement italien va adresser un ultimatum aux partis de la coalition
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Conte va adresser un ultimatum aux partis de la coalition
Piroschka Van De Wouw
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Conte va adresser un ultimatum aux partis de la coalition
Piroschka Van De Wouw
ROME (Reuters) - Le président du Conseil italien, Giuseppe Conte, va mettre sa démission dans la balance lundi pour obtenir de la Ligue et du Mouvement 5 Etoiles, les deux partis de la coalition au pouvoir, un mandat de négociation avec l'Union européenne, rapporte le quotidien La Repubblica, qui cite plusieurs sources.
"Je ne serai pas celui qui signera la procédure d'infraction", devrait dire le chef du gouvernement dans une allocution prévue après la fermeture des marchés financiers en Europe.
Giuseppe Conte a confirmé sur son compte Twitter qu'il tiendrait une conférence de presse ce lundi à 18h15 (16h15 GMT) au palais Chigi, le siège du gouvernement. "J'ai des choses importantes à vous dire", ajoute-t-il sans plus de précision.
La Commission européenne a officiellement demandé la semaine dernière à l'Italie de s'expliquer sur la détérioration de ses comptes publics, une démarche qui pourrait aboutir à l'ouverture d'une procédure disciplinaire contre Rome.
Dans la réponse qu'il a adressée à Bruxelles, le ministre de l'Economie, Giovanni Tria, a mis les difficultés italiennes sur le compte du ralentissement économique et s'est engagé à respecter les règles budgétaires européennes dans son prochain budget.
L'ultimatum de Conte vise aussi à amener la Ligue de Matteo Salvini et le Mouvement 5 Etoiles de Luigi Di Maio à dire publiquement d'ici la fin de la semaine s'ils veulent continuer à gouverner ensemble, écrit pour sa part le quotidien Il Fatto Quotidiano.
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Les élections européennes ont tendu les relations entre les deux partenaires de la coalition en place depuis un an.
En l'emportant avec un peu plus de 34% des voix contre 17% seulement pour le M5S, la Ligue de Salvini a démontré dans les urnes le 26 mai dernier qu'elle avait inversé le rapport de forces issu des élections législatives de mars 2018 (les 5 Etoiles avaient alors réuni près de 33% des voix contre un peu plus de 17% pour la Ligue).
Depuis le scrutin, Salvini, qui réclame le droit de sortir de la "cage budgétaire" européenne, a rejeté les appels de l'UE à la discipline budgétaire et affirme que la large victoire de son parti aux européennes lui donne mandat pour renégocier les règles budgétaires de l'UE afin de baisser les impôts des contribuables italiens.
L'avenir de l'attelage formé par la Ligue et le M5S est également au centre des interrogations. Le quotidien La Stampa a rapporté la semaine dernière que des élections anticipées étaient envisagées pour le mois de septembre, une perspective démentie par Salvini: "Il n'y aura pas d'élections anticipées, en septembre nous préparerons le budget", a-t-il déclaré jeudi dernier.
La dette publique italienne a atteint 132,2% du PIB l'an dernier et pourrait encore augmenter, à 133,7% cette année et 135,2% en 2020 selon les dernières prévisions de la Commission.
Le déficit structurel (hors éléments exceptionnels et impact du cycle économique) de l'Italie, censé diminuer de 0,6 point de pourcentage par an jusqu'au retour à l'équilibre, est au contraire en hausse continue depuis 2015. Il pourrait atteindre 2,4% du PIB cette année et 3,6% en 2020 en l'absence de mesures nouvelles.
(Giselda Vagnoni; Nicolas Delame et Henri-Pierre André pour le service français)
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